De Papeete à Paris

Avion

Quelle chaleur étouffante aujourd’hui, et pourtant la station météo indique 30°C et 75% d’humidité, ce qui n’est pas très différent des autres jours. Peut-être est-ce la fatigue qui modifie ma perception ? Je me suis couché vers 5h30 du matin pour me réveiller environ quatre heures plus tard. Sans mes six heures de sommeil quotidiennes, j’ai un peu de mal à m’animer. Une pastille de Guronsan m’a aidé à franchir le cap difficile. Je rentre tout juste de l’agence de la compagnie aérienne Qantas où j’ai fait revalider mon billet pour ce soir, après avoir déjeuné à Pirae en charmante compagnie et relevé mon courrier à la boîte postale. Je reçois encore pas mal de lettres de France, essentiellement des factures et de la paperasse administrative.

J’ai donc pris ma décision : je vais passer quelques jours en France. Mon avion décolle ce soir à 22 heures pour atterrir le lendemain matin à Los Angeles, où je vais passer douze heures en transit. Peut-être aurais-je la possibilité de faire un rapide tour dans cette ville où je n’ai encore jamais mis les pieds. Nouveau décollage en début de nuit pour arriver une dizaine d’heures plus tard à Londres, d’où je prendrai un troisième avion qui m’emmènera jusqu’à Paris. Si je ne manque aucun vol, je devrais être dans la capitale française samedi soir, soit 33 heures et 15 minutes après avoir quitté Tahiti ! L’horloge interne va prendre une bonne claque… Ce sera la première fois que je bouclerai un tour du monde complet. Même à l’époque où j’habitais en Australie, les retours s’effectuaient en sens inverse de l’aller, via Bangkok, Hong Kong ou Singapour. Je pense rester une dizaine de jours à Paris, et j’ai déjà fait une réservation pour le vol de retour à la fin du mois de mai. Mon emploi du temps n’est pour l’instant pas très chargé et pour ceux qui me connaissent, je serai joignable sur mon numéro de portable français habituel (toujours le même depuis près de onze ans). Malgré l’annonce dissuasive du répondeur, n’hésitez pas à laisser un message. Je consulterai bien sûr quotidiennement mes e-mails et tiendrai probablement à jour le blog.

Hier après-midi, une société de formation de Tahiti m’a contacté pour me proposer un rendez-vous. Ils cherchent un formateur informatique “senior”. Comme ils n’avaient pas l’air d’être très pressés et que ça m’ennuyait d’annuler mon voyage, je leur ai proposé de les rencontrer à mon retour. Je pense que ça me fera du bien de changer d’air quelque temps. Il est près de 17 heures, le temps pour moi de commencer à préparer un petit sac de voyage.

Avant de filer, je signale que j’ai ajouté quelques photos dans la galerie. Tout d’abord celles du Gipsy Moth IV (175 à 177), qui a pu être sauvé du récif de Rangiroa (voir mon billet du 3 mai) et remorqué jusqu’à Papeete après que le trou de deux mètres carrés dans la coque ait été sommairement colmaté. On lui a cloué des planches sur son flanc tribord afin de pouvoir le faire glisser sur le corail. C’est assez impressionnant pour les connaisseurs ! Après quelques jours au sec dans un chantier naval de Papeete, il a été embarqué lundi dernier sur le cargo Thor Simba qui va le ramener en Nouvelle-Zélande. Il y sera réparé et devrait pouvoir reprendre sa place au sein du ”Blue Water Rally”. Tous les amoureux de la voile ont eu très peur pour ce bateau mythique, à bord duquel Sir Francis Chichester avait bouclé un tour du monde en solitaire par les trois caps, avec une seule escale, en 1966-67. Si un “voileux” ou un journaliste de revue spécialisée est intéressé par les photos (une vingtaine, en haute définition), n’hésitez pas à me contacter. J’ai également publié trois photos (178 à 180) du magnifique trois-mâts goélette Adix en escale à Tahiti. Il est l’un des plus grands voiliers classiques au monde (65m) construits après les années trente. Il a vu le jour en Espagne en 1984, pour le compte d’un milliardaire argentin, sous le nom de baptême Jessica. Sous le nouveau nom XXXX (une marque de bière), il a ensuite appartenu à l’australien Alan Bond, célèbre vainqueur de l’America Cup de 1983 et rattrapé depuis par bon nombre de scandales financiers. Rebaptisé Adix lors de son rachat en 1990 par le banquier espagnol Jaime Botin, il a été profondément modifié en 1991 (au chantier Pendennis) et 2001. Je crois que je n’avais encore jamais vu de près un si grand voilier ! Pour terminer, j’ai ajouté une photo du Carpe Diem (181), un “modeste” Oyster 62 participant comme le Gipsy Moth IV au ”Blue Water Rally”. A la suite des deux monstres sacrés ci-dessus, il fait bien pâle figure, mais les unités du chantier Oyster Marine m’ont toujours fait craquer !

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2 Responses
  1. Bon voyage !
    Et bon (court) retour au pays 😉
    Et si tu as le temps, n’hésite pas à passer quatre ou six heures à LA, une ville haute en couleur (le contraste avec le retour en France juste après devrait être intéressant !).
    A mon avis ce petit retour va sûrement te faire du bien, à t’entendre, la Polynésie n’est pas la carte postale que l’on peut se faire vu d’ailleurs (logique, tu me dira).

    Bref, fais nous signe dès ton arrivée (et ton état d’esprit ;-))
    Amicalement,

    Nicholas.

    • Smop dit :

      Merci. Comme tu l’as peut-être déjà lu, je n’ai pas pu faire un tour downtown à L.A. Quant à la Polynésie, elle a de bons et de mauvais côtés. Je suis plutôt du genre très exigeant, et on me dit blasé de tout, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire. Il ne faut donc pas prendre mon avis à la lettre et ne pas oublier que je suis forcément subjectif. J’ai connu des fonctionnaires et des expatriés en poste à Tahiti très contents d’y être, et j’ai également eu l’écho d’autres personnes qui ont gardé d’inoubliables souvenirs de leurs vacances dans la région. C’est encore une autre approche. Je suis arrivé à Paris il y a quelques heures et je pense mettre à jour le blog dans la journée de dimanche.

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