Parenthèse hexagonale

Pyramide du Louvre

A peine remis des douze heures de décalage horaire entre Papeete et Paris, me voilà repartant déjà dans l’autre sens. Dans quelques heures, j’embarquerai à bord d’un vol de British Midland à destination de Londres, première étape de mon retour vers la Polynésie. Le voyage durera cette fois 28 heures, escales comprises. François-Xavier, Agathe, Sébastien, Delphine, William, Thomas, Laurent, Valérie, Hervé, Pauline, Simon, Marielle, Philippe, Sophie, furent quelques jalons de mon escapade parisienne. Que ceux que je n’ai pas appelés ou rencontrés me pardonnent. Je n’avais pas réalisé que jeudi dernier était un jour férié suivi d’un pont durant lequel nombre d’entre vous aviez fui Paris. Les dix journées dans la capitale sont plutôt vite passées et ont été généralement bien remplies. De tous points de vue d’ailleurs, une balance m’indiquant deux kilos de plus qu’à l’aube de mon départ ! Il faut dire que je ne me suis pas privé en matière de restaurants et de bars. La variété des choix possibles est l’une des rares choses réellement appréciables à Paris. J’ai pu m’adonner à mon goût, très raisonnable, pour les bons scotch whiskys et descendu ainsi un bon nombre de verres de Laphroaig, Lagavulin, Macallan, Oban et autres purs malts.

Mon sac de voyage s’est considérablement alourdi depuis mon arrivée à Paris. Une bonne quinzaine de bouquins constituent l’essentiel de ces kilos supplémentaires. A l’occasion de l’un de mes deux passages à la FNAC de la rue de Rennes, j’ai acheté ”Lights”, le dernier album du groupe de trip-hop Archive dont j’ai déjà parlé dans ces colonnes. Le titre phare, du même nom que l’album, est simplement fabuleux. Je regrette cependant que le groupe ait cédé à la tentation commerciale de permettre l’utilisation de quelques notes de ce morceau pour la pub du site de rencontres Meetic. Pour le reste, c’est un quasi sans faute. Une chronique sur le groupe titrait judicieusement “Le trip-hop à la rencontre de Pink Floyd”.

J’ai retrouvé Paris comme je l’avais laissé et chaque fois que j’y reviens, je comprends pourquoi je l’ai quitté. Déjà six ans, dont plus d’un en mer, près de quatre sur la Côte d’Azur et à Tahiti ensuite. Que le temps passe vite ! En dehors du nouveau tramway dont la construction est presque terminée, peu de choses ont changé.  Je lis d’autres blogs de voyageurs libres, comme moi, ou d’expatriés, et une certaine nostalgie de la France se devine parfois entre leurs lignes. Pour ma part, en dehors de quelques lieux évocateurs de souvenirs, je n’éprouve aucun plaisir à revenir dans l’hexagone si ce n’est pour revoir quelques personnes. Paris est gris, glacial, pluvieux, triste, bruyant, pollué. Malgré les quelques jolies filles que j’ai croisées, je garde plutôt l’image de ces piétons à l’expression sombre, laissant deviner une morosité permanente. Les flics sont partout et je trouve leur présence oppressante. L’ombre des exclus est aussi très présente dans la rue. Comment un pays moderne peut-il tolérer que des milliers de personnes n’aient plus d’autre combat que celui de survivre ? Le rôle d’un Etat n’est il pas avant tout d’enseigner la solidarité entre individus ?

Je pourrais raconter quelques anecdotes sympas, comme celle de ce chauffeur de taxi au look de Gandhi, réfugié politique iranien, avec lequel j’ai eu un débat passionnant. Ou encore écrire quelques lignes sur ”The Inside Man”, le dernier film de Spike Lee, que je suis allé voir un soir du côté du quartier de l’Odéon. Mais non, j’ai envie de refermer pour l’instant cette parenthèse parisienne. Tahiti est loin d’être le paradis, mais je suis bien content de retourner “chez moi”, sur cette île que je quitterai peut-être pourtant bientôt.

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