De retour au fenua !

Tatouage

Déjà près de deux semaines se sont écoulées depuis mon retour au ”fenua” (le “pays” en langue tahitienne) et une certaine routine du quotidien refait doucement surface. Je commence enfin à me remettre du jet-lag. La règle d’une journée par heure de décalage horaire à rattraper se confirme. Pendant la première semaine, je m’écroulais vers 20 heures pour me réveiller aux alentours de cinq ou six heures du matin, heures auxquelles je me couche habituellement ! J’ai eu l’impression que le décalage a été plus facile à encaisser à l’aller qu’au retour, malgré le temps de trajet plus long.

Je suis plus que jamais mitigé entre rester encore quelque temps à Tahiti, ou repartir ailleurs, après un passage probable en France. En revenant en Polynésie, j’ai retrouvé avec plaisir la végétation luxuriante, l’air marin, le ciel bleu, le lagon et plus généralement cette nonchalance des îles du pacifique. Mais d’un autre côté, je recommence déjà à tourner en rond et suis désormais très sceptique sur mes chances de trouver une activité professionnelle intéressante ici. Je n’ai pas encore rappelé la société de formation qui m’avait contacté la veille de mon départ à Paris. Je vais le faire dans les jours à venir, mais je doute fort que ce qu’ils pourraient éventuellement me proposer puisse m’intéresser. Je me dis que je me donne encore un ou deux mois pour me décider, ce que je me répète d’ailleurs depuis le mois de septembre de l’année dernière !

Un autre facteur pourrait influencer ma décision de quitter prochainement la Polynésie. On m’a diagnostiqué il y a trois ans un sinus pilonidal, maladie bénigne de la peau, mais qui se “réveille” de temps à autre sous la forme d’un kyste mal placé et assez gênant. Une intervention chirurgicale peut être nécessaire à son exérèse. La période de convalescence est parfois longue et pénible, une infirmière venant à domicile quotidiennement pour changer le méchage. Il n’est pas exclu que je doive me faire opérer prochainement, et si c’est le cas, je préférerais le faire en France. Moi qui suis généralement en excellente santé, je n’ai pas eu de chance de ce côté-là ces dernières années. L’été 2003, j’avais déjà dû être opéré en urgence pour un anévrisme thrombosé (une artère bouchée) dans la main gauche ! Trois ans plus tôt, en escale au Cap Vert, je m’étais fait une hernie discale qui m’accompagne toujours depuis. Heureusement, rien de majeur, mais je me passerais bien de ces désagréments à répétition.

Pendant mon séjour à Paris, il est tombé des cordes à Tahiti, créant ainsi un terrain favorable à la reproduction des moustiques. Ils ne m’ont d’ailleurs pas loupé à mon arrivée ! Quelques jours plus tard, nouvelles pluies torrentielles. Une tempête avec des rafales de vent de force 9-10 sur l’échelle de Beaufort passait sur la région. Un matin c’est l’électricité qui a été coupée pendant près d’une heure. La pluie était alors tellement violente que je ne voyais plus la ville de Papeete, que je surplombe depuis mon appartement. J’ai entendu il y a quelques semaines aux informations régionales que cette année était classée comme potentiellement favorable aux cyclones. Les deux derniers, Martin et Osea, ont touché la Polynésie en 1997.

La coupe du monde de football a commencé il y a quelques jours, et comme un peu partout sur la planète, on ne parle plus que de ça. J’ai toujours trouvé ce sport profondément débile. Je ne comprendrai jamais l’engouement populaire qu’il suscite. Pourquoi les individus ont-ils absolument besoin de s’identifier à des groupes sociaux ou à des idoles, sans parler des dérives nationalistes malsaines de ce sport ? Sidérant ! J’ai lu aujourd’hui dans la Dépêche de Tahiti que le trafic d’Air Moorea avait été perturbé parce qu’un contrôleur aérien était en retard à son travail, vraisemblablement collé à sa télévision pour suivre un match de football ! Avec un peu de chance, l’équipe française sera rapidement éliminée et l’emballement se calmera peut être un peu ici. En revanche, j’aime bien le tennis, et j’ai encore une fois regretté de n’avoir pu assister aux finales du tournoi de Roland Garros. L’année prochaine peut-être ?

Pour le reste, Tahiti ne change guère. Aujourd’hui un syndicat bloque à nouveau l’accès au pont menant au Motu Uta, où se trouve le port commercial, poumon économique de la Polynésie. Les files de voitures aux stations-service se rallongent, par crainte de pénurie de carburant ou de gaz. Les pêcheurs font également grève, et ont déversé cet après-midi un camion de carcasses de poissons devant l’entrée de la présidence. Plusieurs chalutiers ont mouillé en travers de la passe principale du port, bloquant ainsi le trafic des cargos. La Polynésie a de quoi surprendre quand on n’a pas encore saisi toutes les subtilités de son fonctionnement !

J’ai mis à jour la rubrique ”Insomnies” de ce blog, où je partage avec ceux et celles que ça intéresse, mes lectures passées, présentes et futures. J’ai ajouté à la liste la quinzaine de bouquins que j’ai ramenés de Paris.

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