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Quand je suis né, j’ai crié

Rock Star

Nous avons tous des souvenirs d’adolescence, constellés d’événements qui nous ont marqués, et notre innocence d’enfant a été peu à peu remplacée par la soumission ou la révolte. Moi j’étais plutôt dans cette dernière catégorie. Il est intéressant de réfléchir à ce passé et de prendre conscience des premières choses qui remontent spontanément. Elles sont très révélatrices des fondements de notre caractère. Pour moi, ce sont surtout des noms qui font surface. Parmi eux, Michel Poniatowski, l’un des plus méprisables politicards que connut la Ve République. Mais là je m’égare. J’étais parti pour écrire une note afin de présenter le morceau musical de la semaine, et voilà que je glisse sur un autre terrain. J’ai un peu de mal à me retenir en ces temps d’effervescence politique et sociale que nous vivons, et j’y reviendrai sans doute dans un prochain article.

Plutôt révolté disais-je donc ci-dessus. Oui, l’adolescence (1976-1982) a été pour moi une période agitée. Il était de fait naturel que je sois plus réceptif à l’époque aux mouvements musicaux représentant la contestation. Le disco régnait alors en maître après l’énorme succès du film ”Saturday Night Fever” et tous mes copains d’école arboraient fièrement leurs pantalons “pattes d’éléphant”. Moi j’avais les cheveux longs, de l’acné et portais non moins fièrement un blouson de cuir ”Perfecto” couvert des ”pins” de mes groupes préférés.

Pour l’anecdote, j’avais acquis ce blouson à l’insu de mes parents, qui estimaient que c’était un vêtement de “voyou”. Il n’était pas question qu’ils me voient le porter. J’habitais à ce moment-là au 33 de la rue de Vaugirard, dans le 6e arrondissement parisien, et j’étais scolarisé au Cours Beauséjour, dans le 16e. Sur le trajet pour aller au lycée, je passais par la gare Montparnasse. Malin, j’avais eu l’idée de cacher mon blouson à la consigne automatique. Je m’arrêtais donc tous les matins et tous les soirs pour me changer dans le hall de la gare ! Il est probable que les dix francs d’argent de poche que mes parents me donnaient quotidiennement passaient dans les caisses de la SNCF. Je crois que je ne leur ai jamais raconté cette petite histoire…

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Ces derniers jours…

Windsurf

Peu d’activité sur le blog ces derniers jours car j’étais assez occupé par ailleurs. En fin de semaine dernière, j’ai eu la visite d’un couple de mes connaissances venu de Paris passer deux semaines au Club Med de Bora Bora. La journée de vendredi était donc placée sous le signe de la balade, du shopping et des restaurants. Ils n’ont pas eu de chance pour leurs derniers jours en Polynésie car la pluie a fait son apparition en milieu de semaine et n’a pas cessé depuis. Le retour du beau temps est annoncé pour vendredi. Il ne pleut en fait pas très souvent, même en cette fin de saison humide, mais quand ça arrive, ça dure. J’entendais aux infos ce soir qu’il y a eu sur la côte est de Tahiti des coulées de boue et des glissements de terrain qui ont coupé pendant plusieurs heures la route côtière. Pluie signifie également moustiques, et les autorités sanitaires ont constaté depuis quelques mois une forte augmentation des cas de dengue.

Mes journées passent à une vitesse incroyable : Comme tous les gens qui ne travaillent pas (ou plus), j’ai vraiment l’impression de n’avoir le temps de rien faire ! Pour commencer, les e-mails sont particulièrement chronophages et je prends souvent du retard dans mes réponses. Je consacre beaucoup de temps à la lecture : Des livres ainsi qu’une bonne cinquantaine de flux RSS qui parfois me mènent à explorer les thèmes les plus divers : Politique, sociologie, histoire, économie, géographie, technologie, ou encore psychologie. Depuis toujours j’ai cette soif de connaissance, même si j’approfondis en réalité assez peu de sujets. Dans un monde où tout s’imbrique, le développement de la culture générale me paraît être la véritable clé de la réussite, en permettant le recul indispensable à la vision globale. Enfin, j’écris sur de nombreux blogs ou sites thématiques, sous divers pseudonymes. Dans la torpeur de la nuit, c’est la musique qui m’accompagne souvent jusqu’aux premières lueurs du matin.

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Images troubles

Parabole

Il y a trois chaînes de télévision hertziennes accessibles à Tahiti. Les deux premières, Télé Polynésie et Tempo, font partie du Réseau France Outre-mer (RFO), filiale du groupe public France Télévisions. Elles proposent une programmation reprise sur les grilles nationales de France 23 et 5. La charmante Ariane Massenet y a commencé sa carrière de journaliste en 1987, ici même, à Papeete. La troisième chaîne, Tahiti Nui Télévision (TNTV), est financée à 85% par le gouvernement local et a été créée en 2000. Elle rediffuse des programmes de TF1, de M6 ainsi que les journaux télévisés d’EuroNews. On imagine donc facilement son style tape à l’oeil et trash, tout à fait dans l’esprit Bouygues ou Berlusconi. Elle a cependant la particularité d’être la seule à proposer quelques émissions en langue tahitienne (Reo Maohi), ce qui la rend bien entendu populaire. Elle est également un instrument de propagande du pouvoir en place.

Jusque dans les îles les plus lointaines de Polynésie, la télévision fait partie de l’équipement de base de tout ménage, au même titre que la voiture et le congélateur. Le duplex que je loue étant meublé et équipé, j’ai aussi une de ces boîtes à images, mais je suis un bien piètre et peu assidu téléspectateur. Je regarde cependant tous les jours à 13 heures le journal de Soir 3, présenté en semaine par la jolie et talentueuse Marie Drucker, puis à 19 heures le journal local de Télé Polynésie. A cette demi-heure quotidienne se rajoutent quelques rares émissions et documentaires. Les films n’ont aucun intérêt car systématiquement diffusés en version française, tout comme dans les quelques salles de cinéma de Papeete. Voilà une chose que je regrette, car j’avais pour habitude de fréquenter à Paris une à trois fois par semaine les salles obscures. Je pourrais bien entendu souscrire à un abonnement au satellite pour améliorer l’ordinaire, l’appartement étant déjà pré-équipé, mais je sais d’expérience que je n’en profiterai pas. On l’aura compris, la télévision ce n’est pas mon truc.

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Un esprit sain dans un Grand Corps Malade

Musique

J’étais attablé hier vers 17 heures à la terrasse du café “Le Rétro”, en train de bavarder avec le serveur d’un autre bar où j’avais l’habitude de prendre mon petit-déjeuner. C’était son jour de repos et il me faisait part de ses projets de reprendre une affaire à Papeete. L’île de Tahiti est tellement petite qu’après quelque temps on finit par reconnaître les gens dans la rue. Un jour c’est la présentatrice du journal télévisé que je croise dans une librairie, une autre fois je déjeune dans un restaurant à la table voisine du ministre des finances. Si vous aimez l’anonymat des grandes villes, passez votre chemin, Tahiti n’est pas un endroit pour vous. Notre conversation a été interrompue par le vacarme de la turbine d’un gros hélicoptère. “Le Rétro” se trouve sur le front de mer, juste en face du quai où est amarré l’Octopus, dont je parlais dans mon précédent billet. L’hélicoptère s’est posé sur la piste d’atterrissage à l’avant du yacht, distante de quelques dizaines de mètres du café. Je l’avais vu de la terrasse de mon appartement décoller trois heures auparavant. Paul Allen et ses invités ont dû aller faire un tour sur l’île de Moorea.

“Le Rétro” est un café sympa, même si je lui préfère le côté plus chaleureux de la “Terrasse Api”. Il a cependant une particularité, celle d’être situé juste en dessous de l’endroit où se trouvait le restaurant “Chez Michel et Eliane”. C’est là que le chanteur franco-américain Joe Dassin est mort d’un infarctus en août 1980. A l’époque, j’écoutais plutôt du hard rock et je ne peux pas dire que j’étais un fan de la variété française, mais il faut reconnaître qu’il a marqué sa génération. Qui ne se souvient pas de l’air de “L’été indien” ? Voilà de quoi faire la transition vers le titre musical de la semaine.

J’aime l’éclectisme. Après la reprise d’un morceau de Led Zep’ par Tina Turner puis le rock progressif de l’avant-dernier album d’Archive (qui a eu beaucoup de succès d’après les statistiques du site), voici un genre très différent et un artiste original. Connaissez-vous le “Slam” ? Pour ma part, je l’ai découvert il y a sept ou huit ans, grâce au film homonyme de Marc Levin. A mi-chemin entre le rap et la poésie, il est encore relativement peu connu du grand public, même s’il dispose de sa propre fédération. Fabien, alias ”Grand Corps Malade”, est le premier slammeur français à acquérir une certaine notoriété. Il vient tout juste de sortir son premier album et ses textes sont magnifiques. Soutenez-le : Foncez chez votre disquaire et dégainez votre carte bancaire !

Le retour de la pieuvre

Coiffeur

La pieuvre c’est Octopus, le plus gros des trois yachts de Paul Allen, cofondateur de MicrosoftOctopus est de retour à Tahiti depuis jeudi. Il était ici en novembre dernier pour accueillir Bill Gates et sa femme Melinda, arrivés en jet privé. Bill fêtait son 50e anniversaire. Il est toujours la première fortune mondiale, estimée à 41 milliards d’euros. Son ex-associé Paul Allen est lui la sixième plus grosse fortune mondiale, de l’ordre de 18 milliards d’euros. Avec ses 127 mètres, Octopus est le quatrième plus grand yacht privé du monde. Construit en Allemagne en 2003, il aurait coûté plus de 160 millions d’euros. Les salaires des 60 membres permanents d’équipage ainsi que son entretien reviendraient à une vingtaine de millions d’euros par an. Le nom d’Octopusaurait été inspiré du titre de l’un des films de la série James Bond. A la lecture de son inventaire, on comprend pourquoi. Octopus dispose à bord de deux hélicoptères, sept bateaux dont un de 20 mètres, un sous-marin de 18 mètres avec son robot d’exploration, un terrain de basket, une piscine, un studio d’enregistrement, une salle de cinéma et une autre de vidéoconférence. Le sous-marin peut transporter dix personnes et dispose de huit couchettes avec une autonomie en plongée jusqu’à deux semaines. Sa mise à l’eau s’effectue discrètement grâce à une trappe qui s’ouvre sous la coque du navire. Quelques photos du yacht sont disponibles dans la galerie (numéros 151 à 153).

En novembre, quelque temps après Octopus, c’était le Rising Sun qui avait jeté ses amarres sur le quai d’honneur du port de Papeete. Celui-là appartient à Larry Ellison, cofondateur et président de la société Oracle. Encore un magnat de l’industrie du logiciel. Bien entendu, il figure également sur la liste des plus grosses fortunes mondiales, relégué à la 15e place avec ses 13 milliards d’euros. Le Rising Sun mesure 138 mètres, ce qui lui assure la place de troisième plus grand yacht privé du monde. La petite histoire dit que le bateau a été spécialement rallongé sur demande de son propriétaire afin de dépasser la taille d’Octopus. Il a été livré peu de temps après ce dernier. Ah, vanité quand tu nous tiens… Pour ma part, je le trouve assez banal esthétiquement et il n’a pas le côté “high-tech” de son concurrent direct. Cela dit, il dispose tout de même de 82 cabines réparties sur cinq ponts, pour un total de 8 000 m² habitables, en comptant la salle de cinéma, la piscine, le gymnase et le terrain de basket (une manie, décidément). J’ai lu quelque part qu’il était à vendre car notre ami Larry aurait acquis fin 2005 le Nautilus, une unité encore plus grosse. Je ne connais pas la mise à prix du Rising Sun, mais pour se faire une idée, il aurait initialement coûté, selon les sources, entre 165 et 220 millions d’euros.

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Long week-end

¨Poissons

Yannick Noah, “personnalité” préférée des Français parait-il, est arrivé aujourd’hui à Tahiti. Les simagrées de ce type m’étaient insupportables à l’époque où il jouait au tennis, mais je trouve qu’avec le temps il s’est beaucoup amélioré. Nous avons en tout cas le point commun d’exécrer tous les deux Nicolas Sárközy de Nagy-Bocsa et de le clamer haut et fort. Yannick Noah est venu donner un concert sur la place To’ata, qui a accueilli ces derniers mois Joe Cocker, Jamel Debbouze, le groupe de reggae UB40 et quelques autres. J’habite sur les hauteurs de Papeete, à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de la place To’ata, située en bord de mer. Les spectacles ont lieu en plein air et je profite bien malgré moi du flot de décibels les soirs de concert.

Papeete est désert depuis hier. C’est un week-end de quatre jours, et beaucoup d’habitants de Tahiti sont partis sur l’île voisine de Moorea. Je suis allé faire quelques courses au supermarché Carrefour de Punaauia et là aussi, peu de monde. D’habitude je me console de cette corvée par la vue des délicieuses créatures, pour la plupart polynésiennes, qui arpentent les rayons. Le mélange des groupes ethniques donne ici un métissage souvent très réussi. L’un des indéniables avantages des climats tropicaux est que les filles sont légèrement vêtues. Pour ne rien gâcher, la moyenne d’âge en Polynésie est de 27 ou 28 ans, soit une douzaine d’années de moins qu’en France. L’homme que je suis sait apprécier ces plaisirs de la vie.

Je pensais profiter du calme de cette fin de semaine pour aller nager un peu, mais mon dos n’est pas encore totalement guéri. Il y a près d’un mois, lors d’une longue plongée dans le lagon, j’ai été sérieusement brûlé par le soleil sur toute la surface du dos et la semaine qui a suivi fut très pénible. J’ai dû me rendre une nuit au service des urgences de la clinique Cardella, puis le lendemain consulter un dermatologue. Les violentes démangeaisons m’avaient laissé craindre une crise allergique mais il ne s’agissait en fait que d’une méchante brûlure. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu auparavant un tel coup de soleil et j’étais furax d’avoir été aussi bêtement imprudent. J’avais pourtant plongé vers 8h30 du matin, sous un ciel assez nuageux. Il faut dire que le soleil est redoutable à Tahiti et très rares sont ceux qui peuvent se permettre le luxe de se baigner sans protection. J’ai cependant hâte de pouvoir retourner explorer le lagon, qui est un véritable aquarium. On est rapidement entouré d’une myriade de poissons tropicaux multicolores, évoluant gracieusement sur fond de sable blanc et se faufilant entre les patates de corail – aux arêtes parfois très coupantes. Il est ainsi possible d’atteindre le récif corallien, distant de quelques centaines de mètres, où viennent éclater à grand bruit et en de majestueuses gerbes d’écume les vagues de l’océan pacifique. Un véritable bonheur !

Ils sont partout !

Moustique

Ce midi, je regardais le journal télévisé et j’étais atterré à la vue des grotesques mascarades pascales qui font l’actualité du jour. Lorsque je vois cette dangereuse bêtise religieuse, je ne peux m’empêcher de penser à Charles Darwin. Evolutionniste convaincu mais sans pour autant tomber dans le quasi mysticisme des théories “Gaïa”, j’ai toujours été fasciné par l’absolu qu’offre la loi de la nature. Chaque élément y trouve sa place, du plus faible au plus fort, du plus simple au plus complexe. J’aime beaucoup cette citation de Théodore Monod : “La nature n’est ni morale ni immorale, elle est radieusement, glorieusement, amorale.”. Même le parasite, y compris dans la société humaine, a un rôle à jouer dans l’équilibre global. Voilà d’ailleurs une excellente raison de se méfier comme de la peste de ceux qui ont un penchant un peu trop prononcé pour l’ordre, aussi séduisant soit-il en apparence. Il est cependant au moins une création de la nature dont je n’ai jamais compris l’utilité : le … moustique ! Si un naturaliste me lit, peut-être pourrait-il m’éclairer ?

J’ai toujours eu maille à partir avec ce représentant de la famille des Culicidae que je croise partout où je vais. Il semblerait que ces délicieuses bestioles soient attirées par le dioxyde de carbone émis par la respiration et par certaines sécrétions de la peau. Seule la femelle adulte pique et utilise les protéines contenues dans le sang des mammifères pour fabriquer ses oeufs, un comble ! Tout ça pour une misérable existence qui n’excède pas quelques semaines… Au moins un répulsif s’avère efficace, le ”Off!” de Johnson. Un Belge farfelu me l’avait recommandé aux Antilles il y a quelques années, et depuis je l’ai adopté.

En dehors de l’inconfort que génèrent leurs piqûres, les moustiques posent un sérieux problème de santé publique en tant que vecteur de transmission de maladies. Selon une source médicale, 700 millions de personnes sont infectées chaque année et 3 millions en meurent. On a beaucoup parlé du chikungunya récemment, mais il y a bien d’autres maladies : fièvre jaune, paludisme, encéphalite, dengue, filariose, etc. La Polynésie est particulièrement concernée par les moustiques, et par leur lointain cousin, le redoutable nono. L’archipel le plus touché est celui des Marquises, ce qui nuit par ailleurs à sa fréquentation touristique.

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Un peu de géographie !

Sur la plage

J’ai ajouté une nouvelle rubrique au site : Cartes sur Table. Au fil des discussions, je me suis rendu compte que nombre de mes interlocuteurs n’avaient pas la moindre idée de la situation géographique de la Polynésie française, où Tahiti n’est que l’une des 118 îles ou atolls (dont environ 60 % sont habités). Voici donc quelques cartes, qui permettront de comprendre les 22 heures d’avion que dure le voyage de France ainsi que les 12 heures de décalage horaire avec la métropole. La totalité des terres émergées est d’environ 4 000 km² (soit moins de la moitié de la Corse). Elles sont dispersées dans l’océan Pacifique sur un domaine maritime de 5 millions de km² (l’équivalent en superficie de l’Europe). La population est estimée à 275 000 habitants (comme Strasbourg ou Nantes) dont 70 % vivent sur l’île de Tahiti. La Polynésie c’est aussi la France, mais avec un statut très particulier de “Pays d’outre-mer”, lui conférant une grande autonomie. La métropole participe cependant financièrement au développement de la région (environ 1,2 milliard d’euros alloués en 2006). Voilà pour les quelques informations de base à connaître.

Les statistiques d’accès font ressortir que de nombreux visiteurs apprécient la rubrique ”Consonances”. La bande passante allouée au serveur étant assez limitée et partagée avec plusieurs autres sites, il est possible que la lecture musicale soit parfois saccadée. Je n’ai malheureusement aucune solution pour l’instant si ce n’est suggérer d’essayer à nouveau plus tard, en dehors des heures d’affluence.

Un message personnel à l’attention des fidèles lecteurs de l’Agence France-Presse : Thierry est bien arrivé à Bora Bora. Je l’ai eu cet après-midi au téléphone et il a l’air de fort apprécier son séjour. Je ne suis pas sûr qu’il veuille rentrer à Paris ! Nous nous verrons prochainement. Il sera aux premières loges du possible “coup d’Etat” des autonomistes à l’élection du président de l’Assemblée qui aura lieu demain, 13 avril. La situation politique est très tendue en ce moment et Oscar Temaru vit peut-être ses derniers jours de président de la Polynésie.

Les Internautes Anonymes

Prison

Nous savons (presque) tous que surfer sur le réseau internet laisse des traces. Beaucoup de traces même. Dans le monde sécuritaire qui se dessine un peu plus chaque jour, c’est très inquiétant. Sans vouloir tomber dans la paranoïa, qui sait quel usage sera fait demain de toutes ces données ? Un simple coup de Google sur mon nom de famille, lui-même facile à trouver, et le moteur de recherche exhume plusieurs centaines de références, dont les plus anciennes remontent à février 1992. Il est ainsi possible de reconstituer une bonne partie de mes quatorze dernières années, sans parler de mes opinions politiques et diverses prises de position… J’admets cependant n’avoir pas toujours été particulièrement “prudent”. Sur le coup, les traces laissées semblent souvent anodines, mais dans un contexte différent, elles peuvent être redoutables. C’est un piège dans lequel nous sommes très nombreux à être tombés, naïveté libertaire et griserie des débuts d’internet aidant. Je ne peux même pas me réfugier derrière l’excuse d’ignorance, l’informatique et ses réseaux ayant constitué une bonne partie de mon activité professionnelle depuis près de deux décennies. Le paradoxe suprême est celui de … tenir un blog, même sous le couvert d’un pseudonyme !

L’idée d’écrire ces quelques lignes m’est venue en consultant les phrases clés qui avaient mené des internautes jusqu’à ce site. Souvent, il y a de quoi sourire, comme ce ”photo a ras des fesses” ou ”photos hommes effemines” ou encore ”emoticones et smileys speciale antilles”, mais rien n’empêche de placer dans les pages indexées quelques mots-clés judicieusement choisis. Il ne reste plus qu’à attendre les visiteurs intéressés par ces mots “sensibles” et enregistrer l’adresse – entre autres – de leur machine. Imaginons l’effrayant pouvoir de l’intermédiaire, le moteur de recherche lui-même. Il peut détourner, occulter, enregistrer tout ce qui passe. Le processus est entièrement informatisé, donc sans limitation de volume ou de granularité de traitement. GoogleMicrosoft et Yahoo! n’ont-ils pas eux-mêmes accepté la censure imposée par le gouvernement chinois pour pouvoir placer leurs produits dans L’Empire du Milieu ? Les bases de données publiques des moteurs de recherche ne sont que la partie visible de l’iceberg. Je n’aborde même pas la question de la vulnérabilité des e-mails et des transferts de fichiers…

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Soliloquons musique

Musique

Un jour de ce début d’année 1995, je déambulais dans les allées du centre commercial du Victoria Wharf à Cape Town, en Afrique du Sud. Je m’arrêtais devant un disquaire, attiré par la musique qui s’en échappait. Coup de coeur immédiat. Après quelques minutes d’écoute en douce, j’allais demander au vendeur quel était donc ce disque génial qui passait afin que je l’achète sur le champ. Il me répondait qu’il ne pouvait pas me le vendre car c’était une commande spéciale d’un client et qu’il ne disposait que d’un seul exemplaire, importé de Grande-Bretagne. Qu’à cela ne tienne, je passais moi-même commande. Il s’agissait de l’album ”No Protection” du groupe anglais Massive Attack (remixé par Mad Professor). J’avais découvert le trip-hop !

J’ai été fan dès le premier jour de ce nouveau style mêlant hip-hop, house, acid jazz et dub. Après Massive Attack, c’était au tour de Björk, Tricky, PortisheadHooverphonicUNKLE, Leila, Lamb, Morcheeba et Archive de remplir peu à peu ma discothèque. C’est un morceau de ce dernier groupe que je propose à l’écoute cette semaine.

Archive est un groupe anglais formé en 1994, qui a commencé par produire deux albums trip-hop : ”Londinium” (1996) et ”Take My Head” (1999). Après être passé très près de l’éclatement en 2000 le groupe changeait radicalement de style en 2002 pour passer au rock progressif avec l’album ”You All Look the Same to Me” (dont le premier titre, dans le style Pink Floyd, est un monument). L’année suivante fut un peu plus mitigée avec la composition de la bande originale du navet ”Michel Vaillant”. Ensuite ce fut le grandiose album ”Noise” (2004) et sa variante acoustique live ”Unplugged” (2005). Leur septième disque, ”Lights”, devrait sortir le 22 mai prochain. Malheureusement Craig Walker, le chanteur de la seconde période, qui avait beaucoup apporté au groupe, l’a quitté l’année dernière. La surprise sera donc totale.

J’ai beaucoup hésité sur le morceau à mettre à l’écoute. J’ai acheté tous les albums du groupe et le choix est difficile parmi les 68 titres de ma bibliothèque iTunes. Ne parvenant pas à me décider, je cède à la facilité en proposant l’un des tubes de l’album ”Noise” : ”Fuck U”.