Archive for » mai, 2006 «

Parenthèse hexagonale

Pyramide du Louvre

A peine remis des douze heures de décalage horaire entre Papeete et Paris, me voilà repartant déjà dans l’autre sens. Dans quelques heures, j’embarquerai à bord d’un vol de British Midland à destination de Londres, première étape de mon retour vers la Polynésie. Le voyage durera cette fois 28 heures, escales comprises. François-Xavier, Agathe, Sébastien, Delphine, William, Thomas, Laurent, Valérie, Hervé, Pauline, Simon, Marielle, Philippe, Sophie, furent quelques jalons de mon escapade parisienne. Que ceux que je n’ai pas appelés ou rencontrés me pardonnent. Je n’avais pas réalisé que jeudi dernier était un jour férié suivi d’un pont durant lequel nombre d’entre vous aviez fui Paris. Les dix journées dans la capitale sont plutôt vite passées et ont été généralement bien remplies. De tous points de vue d’ailleurs, une balance m’indiquant deux kilos de plus qu’à l’aube de mon départ ! Il faut dire que je ne me suis pas privé en matière de restaurants et de bars. La variété des choix possibles est l’une des rares choses réellement appréciables à Paris. J’ai pu m’adonner à mon goût, très raisonnable, pour les bons scotch whiskys et descendu ainsi un bon nombre de verres de Laphroaig, Lagavulin, Macallan, Oban et autres purs malts.

Mon sac de voyage s’est considérablement alourdi depuis mon arrivée à Paris. Une bonne quinzaine de bouquins constituent l’essentiel de ces kilos supplémentaires. A l’occasion de l’un de mes deux passages à la FNAC de la rue de Rennes, j’ai acheté ”Lights”, le dernier album du groupe de trip-hop Archive dont j’ai déjà parlé dans ces colonnes. Le titre phare, du même nom que l’album, est simplement fabuleux. Je regrette cependant que le groupe ait cédé à la tentation commerciale de permettre l’utilisation de quelques notes de ce morceau pour la pub du site de rencontres Meetic. Pour le reste, c’est un quasi sans faute. Une chronique sur le groupe titrait judicieusement “Le trip-hop à la rencontre de Pink Floyd”.

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36 heures plus tard…

British Airways

Me voici enfin installé dans le Boeing 747-400 de British Airways. Les treize heures de transit à l’aéroport de Los Angeles furent longues. L’avion est presque plein. J’ai encore réussi à négocier un siège devant une sortie de secours afin de pouvoir déplier mes longues jambes. Mon seul voisin, assis à ma droite, est un type d’une bonne soixantaine d’années, le genre “vieux beau” à la carrure athlétique et à la peau bronzée. Il est plongé dans la lecture du New York Times. Nous n’échangerons pas un mot ni un regard pendant toute la durée du vol, ce qui est assez rare lorsque l’on “cohabite” ainsi durant une dizaine d’heures. Tant mieux d’ailleurs car je suis crevé et peu d’humeur à faire du bavardage social. L’hôtesse qui s’occupe de la section dans laquelle je me trouve est une petite brune un tantinet vulgaire, pas particulièrement jolie, mais au regard agréablement pervers. Elle a ce tic d’utiliser les clins d’oeil comme d’autres utilisent les sourires. Cette familiarité involontaire, de la part d’une inconnue, peut être assez troublante. Je me fais une fois de plus la remarque que les hôtesses de British Airways sont souvent des femmes d’âge mûr, contrairement à celles de la plupart des compagnies aériennes. Ca m’amuse également de constater à quel point l’environnement social et culturel peut formater l’attitude des gens. Avec un peu d’attention, la gestuelle, la stature, la coiffure ou les mimiques du visage offrent de nombreux indices permettant de se faire une idée assez précise de l’origine d’une personne.

Une fois installé à ma place, j’explique à l’hôtesse que je suis végétarien et lui demande de s’assurer que le plateau-repas idoine a bien été prévu. J’ai bien fait de lui en parler, car mon nom ne figurait pas sur la liste des passagers souhaitant des menus spéciaux, tout comme sur le vol de la veille. Je la remercie d’avoir corrigé l’erreur, et j’ai droit à mon premier clin d’oeil ! Peu de temps après, la fatigue commençant vraiment à se faire sentir, je me suis endormi. Je suis réveillé par une annonce dans les haut-parleurs de la cabine. Je regarde ma montre, et me rends compte que nous aurions dû décoller depuis un bon moment déjà. J’apprends qu’un problème d’étanchéité avait été découvert sur un hublot de l’avion et que la réparation vient de se terminer. Le lourd quadriréacteur commence enfin à rouler sur la piste et décolle avec une bonne heure de retard sur l’horaire prévu. En avant pour un vol d’une dizaine d’heures, survolant les Etats-Unis puis l’océan Atlantique.

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Longue escale à L.A.

Drapeau US

Un mot rapide de la salle d’embarquement de l’aéroport international de Los Angeles, après une énième fouille pour y pénétrer. J’ai allumé mon PowerBook pour commencer à écrire ce billet et mon “sniffeur” WiFi KisMAC m’a indiqué la présence d’une bonne douzaine de réseaux hertziens accessibles. Je vais donc pouvoir m’offrir le luxe de publier quasiment en direct ces quelques lignes. Le nom de l’un des réseaux disponibles démontre un certain sens de l’humour de son administrateur qui l’a baptisé “LAX Sucks” ! Le vol s’est plutôt bien passé. Je suis arrivé au comptoir d’enregistrement de l’aéroport de Tahiti Faa’a 1h45 avant le décollage, et le hall était pour ainsi dire désert, en dehors des hôtesses. C’est suffisamment rare pour être signalé ! Je suis tombé des nues lorsque la fille derrière son comptoir m’a demandé quelle serait mon adresse aux Etats-Unis, alors qu’elle était bien placée pour savoir que je n’y passerai pas plus de quelques heures. J’ai ainsi appris que lorsque le “séjour” sur le territoire américain dépassait les huit heures, il fallait impérativement fournir une adresse, sous peine de ne pas obtenir l’indispensable visa temporaire. Encore une aberration de la paranoïa américaine post 11 septembre… Sur suggestion de l’hôtesse, j’ai donné l’adresse d’un hôtel se trouvant dans la zone aéroportuaire.

Après avoir englouti un sandwich, je suis passé dans la zone réservée aux passagers. Double fouille, l’une systématique, l’autre à la tête du client, où les poches sont vidées, la ceinture et les chaussures ôtées, quelques questions posées, et j’ai enfin embarqué dans l’Airbus A340-300 “Rangiroa” de la compagnie Air Tahiti Nui (opérant le vol en ”code share” avec Qantas). L’hôtesse à l’enregistrement a été sympa, elle m’a attribué une place devant une issue de secours. Les quelques centimètres supplémentaires devant ces sièges améliorent nettement le confort lorsque l’on dépasse comme moi le mètre quatre-vingt-dix. Enfin, tant qu’il ne faut pas évacuer d’urgence l’appareil ! L’avion était rempli aux deux tiers, essentiellement de passagers en transit en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Mon voisin était un grand suédois, passionné de surf, vivant depuis dix ans à Londres, mais qui rentrait d’un séjour de deux ans à Sydney. Nous avons un peu discuté, comparant nos expériences australiennes, ce qui m’a permis de pratiquer un peu mon anglais. Il avait l’intention de faire en quelques mois la traversée des Etats-Unis, de Los Angeles à New York, avant de retourner en Grande-Bretagne. Lorsque l’avion a décollé, l’écran de télévision affichant les informations du vol indiquait 6619 kilomètres à parcourir jusqu’à Los Angeles. Comme je l’écrivais ci-dessus, le vol s’est plutôt bien passé, à l’exception de mon repas végétarien qui a été purement et simplement oublié ! Le chef de cabine est venu s’excuser, mais ce n’était de toute façon pas bien grave car des pâtes étaient au menu. Je suis végétarien, pas végétalien, donc les oeufs et les matières grasses animales ne me posent pas de problème. Dans la nuit, après avoir tenté de lire un peu, sans grand succès, j’ai pris un somnifère qui m’a permis de dormir deux ou trois heures avant d’être réveillé pour le petit-déjeuner. Le vol a duré quarante minutes de moins que ce qui était indiqué sur ma feuille de route. Je suis donc arrivé à Los Angeles 7h30 plus tard, à 8h30 du matin en heure locale (trois heures de décalage avec Tahiti). Le temps est brumeux et la température de l’ordre de 20 degrés Celsius, ce qui fait un choc en arrivant !

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De Papeete à Paris

Avion

Quelle chaleur étouffante aujourd’hui, et pourtant la station météo indique 30°C et 75% d’humidité, ce qui n’est pas très différent des autres jours. Peut-être est-ce la fatigue qui modifie ma perception ? Je me suis couché vers 5h30 du matin pour me réveiller environ quatre heures plus tard. Sans mes six heures de sommeil quotidiennes, j’ai un peu de mal à m’animer. Une pastille de Guronsan m’a aidé à franchir le cap difficile. Je rentre tout juste de l’agence de la compagnie aérienne Qantas où j’ai fait revalider mon billet pour ce soir, après avoir déjeuné à Pirae en charmante compagnie et relevé mon courrier à la boîte postale. Je reçois encore pas mal de lettres de France, essentiellement des factures et de la paperasse administrative.

J’ai donc pris ma décision : je vais passer quelques jours en France. Mon avion décolle ce soir à 22 heures pour atterrir le lendemain matin à Los Angeles, où je vais passer douze heures en transit. Peut-être aurais-je la possibilité de faire un rapide tour dans cette ville où je n’ai encore jamais mis les pieds. Nouveau décollage en début de nuit pour arriver une dizaine d’heures plus tard à Londres, d’où je prendrai un troisième avion qui m’emmènera jusqu’à Paris. Si je ne manque aucun vol, je devrais être dans la capitale française samedi soir, soit 33 heures et 15 minutes après avoir quitté Tahiti ! L’horloge interne va prendre une bonne claque… Ce sera la première fois que je bouclerai un tour du monde complet. Même à l’époque où j’habitais en Australie, les retours s’effectuaient en sens inverse de l’aller, via Bangkok, Hong Kong ou Singapour. Je pense rester une dizaine de jours à Paris, et j’ai déjà fait une réservation pour le vol de retour à la fin du mois de mai. Mon emploi du temps n’est pour l’instant pas très chargé et pour ceux qui me connaissent, je serai joignable sur mon numéro de portable français habituel (toujours le même depuis près de onze ans). Malgré l’annonce dissuasive du répondeur, n’hésitez pas à laisser un message. Je consulterai bien sûr quotidiennement mes e-mails et tiendrai probablement à jour le blog.

Hier après-midi, une société de formation de Tahiti m’a contacté pour me proposer un rendez-vous. Ils cherchent un formateur informatique “senior”. Comme ils n’avaient pas l’air d’être très pressés et que ça m’ennuyait d’annuler mon voyage, je leur ai proposé de les rencontrer à mon retour. Je pense que ça me fera du bien de changer d’air quelque temps. Il est près de 17 heures, le temps pour moi de commencer à préparer un petit sac de voyage.

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Son et lumière … dans l’obscurité

Oeil

On m’a écrit que mon dernier billet était “déprimant”. Il ne fait que refléter l’état d’esprit dans lequel j’étais lorsque je l’ai écrit, rien de plus. Il m’arrive parfois de rédiger mes textes en écoutant de la musique et j’ai l’impression que celle-ci les influence parfois. La nuit dernière, j’étais accompagné par ”Lunatico”, le dernier album du groupe Gotan Project. Ce soir, c’est ma sélection musicale de la semaine qui rythme mes mots. Il s’agit de ”Remember the Name”, extrait de l’album ”The Rising Tied” du groupe Fort Minor. Voilà de quoi prendre un coup de jeune après Téléphone et Pink Floyd !

Cette fois, je n’ai aucune anecdote à raconter, car j’ai découvert assez récemment ce groupe. En fait, j’ai eu l’occasion d’entendre un remix du titre de Depeche ModeEnjoy The Silence” réalisé par Mike Shinoda, leader du groupe californien Linkin Park. Cette version étant à mon goût bien meilleure que le morceau original, je me suis intéressé au rappeur Mike Shinoda. J’ai ainsi découvert Fort Minor, le groupe de hip-hop qu’il a créé l’année dernière. Le titre ”Remember the Name” que je propose à l’écoute est co-interprété avec le groupe Styles Of Beyond, de Los Angeles.

Ah, il est environ 22h30 et tous les appareils électriques se sont éteints brusquement. Un coup d’oeil de la terrasse et je vois que la ville de Papeete toute entière est plongée dans l’obscurité. Encore une coupure de courant, assez fréquentes ici [cette fois, l’électricité sera rétablie trois quarts d’heure plus tard]. Je ne regrette pas d’avoir acheté un onduleur pour le routeur ADSL et le télécopieur, ainsi que plusieurs batteries pour mon PowerBook !

C’est donc dans le noir, ironie de la situation, que je vais inaugurer cette semaine la nouvelle rubrique ”Visions”. L’idée du thème de cette première m’est venue cet après-midi, lors de l’émission ”Madame, monsieur, bonsoir” que je regarde parfois sur la chaîne Tempo (France 5). Le sujet de la semaine était “Banlieue : genèse d’une crise”. Depuis que l’Institut National Audiovisuel a ouvert ses formidables archives au public, on y retrouve de véritables pépites. Voici le célèbre face à face entre François Mitterrand, plus d’un an avant son accession au pouvoir, et le regretté chanteur Daniel Balavoine, bien connu pour son engagement politique. La scène se déroule sur le plateau du journal Antenne 2 Midi (France 2 aujourd’hui), animé par Danièle Breem et Patrick Lecoq. C’était le 19 mars 1980, mais ça aurait pu être hier…

Un an plus tard…

Anniversaire

Une dizaine de jours se sont écoulés depuis mon dernier billet. Ce n’est pas sérieux, je m’étais promis de publier au moins deux textes par semaine. Je dois dire que je n’ai pas beaucoup de choses à raconter en ce moment. Les journées se suivent et se ressemblent. Les plages, le lagon, le ciel bleu et le soleil font rêver, mais lorsque le rêve devient réalité quotidienne, il perd sa dimension magique et on finit par s’en lasser. On m’a souvent dit que j’étais blasé et que je ne savais plus m’émerveiller ni profiter des plaisirs simples. Il y a sans doute un peu de vrai là-dedans. Certes, je suis mieux ici qu’en “métropole”, mais je dois admettre que mon quotidien devient assez ennuyeux, et cela même si, ô paradoxe, je n’ai pas le temps de m’ennuyer !

Je l’ai déjà écrit ici : j’étais venu en Polynésie pour tenter une expérience très différente des précédentes. Je voulais essayer de vivre sur une île perdue du Pacifique, et voilà que je me retrouve à prendre racine dans ce qui ressemble à une sous-préfecture de province, somme toute assez triste et peu intéressante, une fois passée l’euphorie des premières semaines.

Samedi prochain, cela fera un an que j’ai quitté la France. Quel premier bilan puis-je faire de ces douze derniers mois ? D’abord, deux semaines à survoler au pas de charge la Thaïlande. Ce fut très intéressant mais beaucoup trop court. Il faut absolument que je retourne passer six mois dans ce pays où il y a tant à découvrir. Puis ce fut une semaine en Australie, suivie de quelques jours en Nouvelle-Zélande, à la recherche de souvenirs d’une époque lointaine et révolue. Enfin, l’arrivée en Polynésie à la mi-juin pour me rendre compte rapidement que Rapa Iti ne serait sans doute plus ma destination finale. Les trois mois d’effervescence qui avaient suivi m’avaient encouragé à m’installer pour quelque temps à Tahiti, et … le temps s’est alors arrêté. Voilà donc huit mois que plus rien de bouge, ou presque, et que mes journées sont consacrées essentiellement à la lecture et à l’écriture.

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Syd, David, Nick, Roger et Richard

Champignon

La sélection du titre musical de la semaine est, pour moi, un exercice toujours laborieux. Cette fois-ci, le choix fut encore plus difficile car j’avais envie de piocher dans la riche discographie de Pink Floyd. Pourquoi est-ce donc si compliqué ? D’abord parce que les meilleurs albums de ce groupe anglais mythique sont souvent composés de morceaux très longs et donc volumineux à diffuser. La bande passante dont je dispose actuellement pour mon serveur est limitée. Ensuite, pour être comprise, et donc appréciée à sa juste valeur, la musique de Pink Floyd ne s’écoute pas, elle se ”vit”. Il est difficile d’extraire un seul titre car il perd beaucoup de sa magie hors du contexte de son album. Un peu comme un roman dont on ne lirait qu’un seul chapitre. Il y a quelques exceptions, quelques morceaux qui sont devenus seuls de grands succès commerciaux (”Money” par exemple) mais ce ne sont pas toujours les meilleurs à mon goût.

Je ne ferai pas l’affront au lecteur de rappeler la biographie du groupe Pink Floyd, né la même année que moi, et les ressources sur le sujet ne manquent pas. Pour moi, il est depuis toujours la référence absolue de mes influences musicales, et pourtant je l’ai découvert tardivement. Quand j’étais enfant, je passais souvent mes vacances d’été sur la Côte d’Azur. Mes parents étaient très liés avec le conservateur du musée océanographique de Monaco. Ce dernier avait pour ami un architecte italien qui mettait à notre disposition son magnifique appartement du “Jardin des Hespérides” à Roquebrune Cap Martin. C’est dans sa discothèque que j’ai découvert, vers douze ans je crois, l’album ”Atom Heart Mother” de Pink Floyd.

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Petits et grands bateaux

Voilier

Dimanche soir, je me suis régalé de deux bonnes crêpes. J’allais ajouter “bretonnes”, mais le sont-elles vraiment, ici, à environ 18 000 km de Brest ? J’ai dîné place Vaiete (prononcer “vayété »), à la roulotte “La Boule Rouge”, qui est l’une de mes deux ou trois favorites. En fait, j’étais sorti vers dix-sept heures pour voir de près l’énorme paquebot Diamond Princess, l’un des deux navires amiraux de l’armateur Princess Cruises, en escale à Papeete. Après avoir garé ma voiture près du centre commercial Vaima, j’ai traîné un peu sur le front de mer, où j’ai vu quelques gros voiliers de croisière de diverses nationalités à quai. Ce sont les premiers participants du ”Blue Water Rally”, régate amateur faisant le tour du monde en vingt mois. Cette édition accueille 34 équipages de 8 nationalités différentes, partis de Gibraltar en octobre 2005. J’ai reconnu un superbe Oyster, un Hallberg Rassy et un catamaran Catana. L’un des bateaux engagés, le célèbre Gipsy Moth IV, ayant appartenu à Sir Francis Chichester, s’est échoué sur la barrière de corail de l’atoll de Rangiroa. La photo dans le journal de ce ketch de seize mètres couché sur son flanc est terrible. J’espère qu’il sera possible de le sauver…

Lorsque je regarde ces voiliers de course-croisière se balançant au bout de leurs amarres, je dois avouer que j’ai un petit pincement au coeur. Je regrette parfois d’avoir vendu Serendipity, car avec le recul, je me dis que ces quatorze mois passés en mer ont été l’une des meilleures périodes de ma vie. Le fait d’être totalement isolé au milieu de l’océan ou encore de pouvoir butiner d’un port à l’autre, d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, procure une sensation de liberté absolument extraordinaire. Je n’ai à ce jour rien connu de tel ailleurs. Il m’arrive souvent de me dire que je repartirai vagabonder ainsi dès que j’en aurai à nouveau la possibilité.

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