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Que la fête commence !

Tane

C’est sur fond de sifflement du mara’amu, le vent froid venant du sud, que je commence ces lignes. Il paraît qu’il annonce le beau temps, c’est-à-dire une humidité plus supportable et une température à la baisse. Pour l’instant, la station météo indique toujours 30°C, malgré les rafales de vent de 60 km/h. Elles écartent au moins les moustiques, particulièrement voraces et nombreux ces jours-ci.

Demain, 1er juillet, sera donné le coup d’envoi des festivités de l’édition 2006 du Heiva i Tahiti. Ce sera la seconde année consécutive où j’assisterai à cette grande fête polynésienne, qui dure près d’un mois. Les concours de danse traditionnelle (tamouré) et de chants polyphoniques (himéné) y ont la part belle, mais de nombreuses autres disciplines y sont représentées : courses de va’a (pirogues), régates de pirogues à voile, lancer de javelots (patia fa), lever de pierres (amora’a ofai), course de porteurs de fruits, concours de préparation du coprah.

J’irai probablement voir dans une quinzaine de jours le spectacle de la troupe de danse Hei Tahiti, dirigée par la charmante Tiaré Trompette. C’est eux qui avaient remporté le concours l’année dernière. Même sans être particulièrement attiré par la danse, la représentation vaut le coup d’oeil, tant pour le spectacle que pour les filles. Pour avoir un aperçu de ce qu’est la danse typique polynésienne, j’ai mis en ligne un petit extrait vidéo dans la rubrique ”Visions”. Je ne suis pas l’auteur de cette vidéo dans laquelle les initiés noteront une grossière erreur du commentaire en voix off : on y cite le code ”Pamoré” alors qu’il s’agit du code ”Pomaré”, du nom de la dernière famille royale polynésienne. L’article 23 de ce code du début du XIXe siècle, fortement influencé par les évangélisateurs de la London Missionary Society, stipulait “Toutes danses, jeux ou divertissement lascifs sont strictement défendus”. Le tamouré ne fut réellement réhabilité que plus d’un siècle après son interdiction…

De Nicole à LoLiTa

Nicole Kidman

Quelques titres de la presse française sont consacrés à Tahiti en ce moment. Il y a bien sûr le déplacement en France du président Oscar Temaru et de la délégation polynésienne, mais aussi un peu de ”people”. L’actrice Nicole Kidman est arrivée en jet privé mardi, en compagnie de Keith Urban, son nouveau mari. Ils ont loué pour leur lune de miel la suite royale de l’hôtel St. Regis à Bora Bora, où ils doivent passer une semaine à douze mille euros la nuit. C’est amusant, j’avais postulé en février au poste de directeur informatique de cet hôtel, mais ma candidature n’avait pas été retenue.

Après la rencontre fortuite avec Michel la semaine dernière, celui-ci essaie de m’embarquer maintenant dans son nouveau projet, la production d’une émission mensuelle de variétés sur la chaîne télévisée locale TNTV. Nous avons eu une longue réunion hier avec le directeur des programmes. Le projet m’a paru sérieux mais comme toujours Michel sous-estime la somme colossale de travail qu’il représente et je ne me vois pas m’associer avec lui, d’autant plus que je n’ai aucune expérience dans ce métier. On ne s’invente pas producteur ! Je lui ai promis de l’aider un peu, mais j’ai refusé tout engagement formel. D’ici dix jours, je dois rencontrer avec lui l’un des nouveaux ministres du gouvernement afin d’essayer d’obtenir une subvention. Je doute quelque peu du succès de l’opération, mais ça me permettra toujours de rajouter un contact potentiellement utile dans mon carnet d’adresses. Je n’ai toujours pas pris de décision ferme quant à la poursuite de mon séjour en Polynésie.

Le 29 juin est un jour férié à Tahiti. Officiellement la fête de l’autonomie interne, commémorant l’annexion de la Polynésie par la France en 1880. Comme on peut s’en douter, le gouvernement indépendantiste actuel souhaite changer la date de cette célébration au 20 novembre, correspondant au retour du tau ‘auhune, la saison d’abondance. Déjà, à la fin des années quatre-vingt, cette fête avait été déplacée pendant trois ans au 8 septembre ! La nouvelle date n’ayant pas encore été officiellement promulguée, la situation tourne au ridicule : c’est un jour ouvré comme un autre dans le secteur public, mais férié dans le privé !

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Visiteurs anonymes

Mac

Une fois n’est pas coutume, quelques mots d’informatique. Cette note devrait être courte car Mana, le seul fournisseur d’accès Internet de Polynésie, va procéder à une interruption de service cette nuit, et je voudrais pouvoir publier ces quelques lignes avant la coupure. Des travaux sont en cours pour l’extension du réseau ADSL. A ce sujet, les tarifs ont sensiblement baissé au 1er juin et j’en ai profité pour augmenter le débit de ma ligne de 256 à 512 Kbit/s. C’est la connexion la plus rapide que l’on puisse obtenir à Tahiti. Le prix de l’abonnement mensuel est maintenant de 14850 Francs CFP, soit 125 euros, avec une limite de volume entrant/sortant cumulé de 15 Go par mois.

Cette poignée d’octets à la seconde supplémentaires est précieuse lorsque l’on passe, comme moi, plusieurs heures par jour sur le réseau Internet. Je parcours quotidiennement bon nombre de sites et interviens de manière assez régulière sur quelques blogs. Il est toujours plus facile d’écrire en réponse à d’autres que de partir d’une feuille blanche. A propos de sites web, j’ai découvert avec tristesse mercredi dernier que Macdigit, l’un de mes préférés, mettait la clé sous la porte. Je les regretterai beaucoup… J’ai essayé de me consoler un peu en allant rendre visite au nouveau site Geoportail de l’IGN, challenger pour la France de l’extraordinaire Google Earth, mais l’affluence est telle que ce nouveau venu est totalement inaccessible, victime de son succès. Même une semaine après son lancement, il est toujours impossible d’y avoir accès, de jour comme de nuit.

Parlons maintenant un peu de vous, visiteurs anonymes. Je regarde régulièrement les statistiques d’accès à ce blog et je constate que les chiffres ne varient guère. Depuis le début de l’année 2006, il y a environ trois mille visites et quinze mille pages lues chaque mois. L’audience à peu près réelle, autrement dit la moyenne mensuelle de visiteurs distincts et identifiés comme venant d’une même adresse IP, dépasse les deux mille personnes. Même en éliminant ceux d’entre vous passés ici par le hasard des moteurs de recherche, ceux qui ont mis le site dans leur agrégateur puis l’ont oublié ou encore les robots d’indexation, vous êtes semble-t-il bon nombre à me lire. J’en suis flatté, mais pourquoi ne pas participer ? Seuls trois ou quatre d’entre vous laissent régulièrement une trace écrite de leur passage. Le lecteur passif et silencieux m’intrigue. Que ma prose n’intéresse pas, je peux aisément le comprendre, mais alors pourquoi revenir ? Au début de cette expérience, on m’a reproché la longueur des textes, dix à quinze pages par article les trois premiers mois. En avril dernier, j’ai changé radicalement de style éditorial en écrivant des billets plus courts et plus réguliers. La fréquentation du site a sensiblement augmenté, mais pas les contributions des visiteurs ! Un blog doit-il être seulement un ”one man show” narcissique devant un public passif ? Je l’aurais plutôt souhaité comme une forme de détonateur social qui puisse susciter le débat et rassembler autour de préoccupations communes. Visiteurs anonymes, votre silence reste un véritable mystère pour moi !

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Retrouvailles éthyliques

Whisky

Jeudi soir, je terminais tranquillement mon dîner à la terrasse du ”Café des Négociants”, lorsque je vois un individu passer en courant… qui n’est autre que Michel ! Les fidèles de ce blog se souviendront de ce curieux bonhomme. C’est lui qui m’avait présenté, il y a maintenant un an, à quelques personnages de Polynésie, dont le sénateur Gaston Flosse. Depuis quelques mois, il s’était fait plutôt rare. J’étais passé chez lui en décembre, puis en avril, et il me semblait assez diminué. Il m’avait néanmoins téléphoné un jour pour m’inviter à une fête qu’il organisait sur un motu privé, mais je n’y étais pas allé. Le voilà donc devant moi, essoufflé et manifestement énervé. Il me raconte qu’il était en train de prendre un verre avec un ami à la terrasse d’un café voisin et qu’un type qui passait par là leur avait volé la bouteille de whisky qu’ils venaient d’entamer, avant de s’échapper en courant. Michel a essayé de le rattraper mais en vain. Il me propose de le rejoindre après mon dîner.

Malgré une petite hésitation, car je sais que les soirées avec lui sont généralement interminables, je me décide à prendre un verre avec lui. Arrivé au café, je reconnais l’ami qui l’accompagne. Je l’avais déjà rencontré en compagnie de Michel plusieurs mois auparavant. C’est un type assez intéressant, et qui connaît beaucoup de monde en Polynésie pour y avoir passé une bonne partie de sa vie. J’apprends que depuis notre dernière rencontre, il a ouvert une librairie sur une île voisine. Nous sommes rejoints quelque temps après par d’autres connaissances de Michel. Deux fonctionnaires du port de commerce, visiblement déjà bien imbibés, accompagnés par une grande (fausse) blonde dont le quotient intellectuel m’a paru inversement proportionnel à sa vulgarité. D’habitude, j’aime bien les filles triviales, mais celle-là était vraiment caricaturale. Ensuite, c’est Barthélemy qui est venu s’installer à notre table. C’est un Polynésien, vedette de variétés, quasiment édenté mais au visage cependant très expressif. J’ai regretté de ne pas avoir mon appareil photo ce soir-là. Barthélemy avait manifestement abusé d’alcool et sans doute d’autres substances hallucinogènes. Il tenait à peine debout mais cela devait être son état normal car je l’ai entraperçu à la télévision deux jours plus tard et il ne m’a pas semblé très différent.

Cette soirée m’a rappelé l’ambiance de mes premiers mois à Tahiti. J’ai appris qu’Aldo, le très douteux individu avec lequel j’avais failli travailler en août dernier, avait perdu son emploi – plus ou moins fictif – au ministère des Postes et Télécommunications. Il était lié par un contrat de cabinet qui avait été rompu suite à la tentative de coup d’Etat des partis autonomistes en avril dernier. Emile Vernaudon, dit “le shérif”, son ministre de tutelle, avait démissionné en entraînant avec lui tous ses fidèles. Bien mal lui en avait pris car il a beaucoup perdu dans cette histoire. Je me souviens encore d’Aldo qui rêvait secrètement d’un poste de ministre ! Le président Temaru avait glissé à l’époque la petite phrase “ceux qui creusent la tombe de quelqu’un oublient qu’eux-mêmes peuvent y glisser”. Bien vu Oscar. Michel m’a dit que le nouveau projet d’Aldo était la création de la plus grande porcherie de Tahiti. Je suis sûr que cette activité lui conviendra à merveille…

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Corinne, Arnaud ou Olivier ?

Urne

Le solstice d’hiver est enfin passé. Je rappelle que la Polynésie étant dans l’hémisphère sud, c’était le jour le plus court de l’année. En ce moment, le soleil ne se lève que pour onze heures, de 6h30 du matin à 17h30 de l’après-midi. Cela dit, la différence entre le solstice d’été et celui d’hiver n’est que de deux heures à Tahiti, pas de quoi sentir un réel changement. Voilà l’une des rares choses qui me manquent de l’Europe, ce plaisir de pouvoir encore profiter de la lumière du jour à 22 heures ! Ce 21 juin est également la date de la fête de la musique, dont c’était la 25e édition cette année. L’événement ne m’a jamais vraiment intéressé, n’appréciant guère ni la foule ni le bruit. Comme d’habitude, je n’ai pas mis le nez dehors ce soir-là.

Ces festivités me rappellent toujours l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981. Ce fut son premier gouvernement qui apporta une véritable bouffée de liberté à la jeunesse. La fête de la musique n’est qu’un exemple parmi d’autres. J’avais presque seize ans et c’était l’avènement des radios libres sur la bande FM qui m’avait beaucoup marqué à l’époque. J’étais fan de Carbone 14, la “radio active” au style si provocateur (à écouter). L’euphorie fut de courte durée, car Michelle Cotta, alors présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle sonna assez rapidement le glas de cette radio et de quelques autres, au ton jugé trop impertinent. Je compris alors qu’un Etat, qu’il soit dirigé par un gouvernement de droite comme de gauche, restera toujours un Etat. Autrement dit une structure pyramidale dont le rôle est de couper les têtes qui dépassent, en se réfugiant derrière un discours de cohérence sociale. Voilà pourquoi je n’ai encore jamais mis de bulletin de vote dans une urne électorale.

Je ferai peut-être une exception pour les élections présidentielles de 2007, échaudé comme beaucoup par le nauséabond coup de théâtre de 2002. Au moins, il aura servi à quelque chose. Je me suis inscrit en décembre à Papeete sur les listes électorales, ce qui est une grande première pour moi. Cela dit, si je m’en tiens aux prétendants qui ont le vent en poupe aujourd’hui, le choix risque d’être très difficile.

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Nina

Nina Hagen

Il est des gens qui marquent leur passage. Ils peuvent inspirer l’adoration ou le dégoût, sentiments au fond assez proches, mais ils laissent rarement indifférents. Pour ce retour du “titre de la semaine”, je voudrais faire un clin d’oeil à l’une de celles qui influencèrent mes goûts musicaux d’adolescent, Nina Hagen. Héritière de la culture punk de la fin des années soixante-dix, elle est un genre à elle seule, et pourrait être comparée à d’autres artistes vraiment hors normes, telles que Laurie Anderson ou BjörkNina Hagen avait une voix extraordinaire et un goût très prononcé pour la provocation, à une époque où celle-ci était un geste politique avant d’être une expression de haine comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Elle a laissé une discographie assez riche, d’une bonne quinzaine d’albums, ainsi que quelques films, dont l’amusant ”Cha-Cha” avec Herman Brood et Lene Lovitch, deux autres “fêlés” de cette période.

Plutôt que de proposer à l’écoute l’un des titres originaux de l’artiste, j’ai choisi sa reprise déjantée de ”My Way”, l’adaptation anglo-allemande du célèbre tube ”Comme d’habitude”, extraite de l’album ”Nina Hagen in Ekstase”. On est à mille lieues des versions mièvres de Claude François, Michel Sardou, Frank Sinatra et de bien d’autres. Elle n’est pas sans rappeler celle du génial album et film des mythiques Sex Pistols, ”The Great Rock ‘n’ Roll Swindle”. Pour ceux et celles qui préfèrent un peu plus de douceur, essayez la reprise jazzy de Nina Simone ou encore celle d’Herman Brood, troublante de sincérité, juste avant son suicide en 2001 (il fut par ailleurs un compagnon de route de Nina Hagen).

J’en profite pour changer la vidéo de la rubrique ”Visions”. Le court face à face entre François Mitterrand et Daniel Balavoine a eu beaucoup de succès. Il a été visualisé près de 600 fois en un mois ! Pour rester sur la même ligne éditoriale que cette humeur en hommage aux individus qui laissent une trace, j’ai retrouvé l’un des spots publicitaires de l’agence TBWAChiatDay, pour la campagne ”Think Different” d’Apple Computer (1997). Selon le débit de votre connexion Internet et le nombre de visiteurs, le chargement complet de la page (et de la vidéo) peut durer quelques dizaines de secondes. Patience…

En écrivant ce texte, je viens d’apprendre la mort du saltimbanque du verbe que fut Raymond Devos. Il rejoint au Panthéon des grands humoristes français le regretté Pierre Desproges.

De retour au fenua !

Tatouage

Déjà près de deux semaines se sont écoulées depuis mon retour au ”fenua” (le “pays” en langue tahitienne) et une certaine routine du quotidien refait doucement surface. Je commence enfin à me remettre du jet-lag. La règle d’une journée par heure de décalage horaire à rattraper se confirme. Pendant la première semaine, je m’écroulais vers 20 heures pour me réveiller aux alentours de cinq ou six heures du matin, heures auxquelles je me couche habituellement ! J’ai eu l’impression que le décalage a été plus facile à encaisser à l’aller qu’au retour, malgré le temps de trajet plus long.

Je suis plus que jamais mitigé entre rester encore quelque temps à Tahiti, ou repartir ailleurs, après un passage probable en France. En revenant en Polynésie, j’ai retrouvé avec plaisir la végétation luxuriante, l’air marin, le ciel bleu, le lagon et plus généralement cette nonchalance des îles du pacifique. Mais d’un autre côté, je recommence déjà à tourner en rond et suis désormais très sceptique sur mes chances de trouver une activité professionnelle intéressante ici. Je n’ai pas encore rappelé la société de formation qui m’avait contacté la veille de mon départ à Paris. Je vais le faire dans les jours à venir, mais je doute fort que ce qu’ils pourraient éventuellement me proposer puisse m’intéresser. Je me dis que je me donne encore un ou deux mois pour me décider, ce que je me répète d’ailleurs depuis le mois de septembre de l’année dernière !

Un autre facteur pourrait influencer ma décision de quitter prochainement la Polynésie. On m’a diagnostiqué il y a trois ans un sinus pilonidal, maladie bénigne de la peau, mais qui se “réveille” de temps à autre sous la forme d’un kyste mal placé et assez gênant. Une intervention chirurgicale peut être nécessaire à son exérèse. La période de convalescence est parfois longue et pénible, une infirmière venant à domicile quotidiennement pour changer le méchage. Il n’est pas exclu que je doive me faire opérer prochainement, et si c’est le cas, je préférerais le faire en France. Moi qui suis généralement en excellente santé, je n’ai pas eu de chance de ce côté-là ces dernières années. L’été 2003, j’avais déjà dû être opéré en urgence pour un anévrisme thrombosé (une artère bouchée) dans la main gauche ! Trois ans plus tôt, en escale au Cap Vert, je m’étais fait une hernie discale qui m’accompagne toujours depuis. Heureusement, rien de majeur, mais je me passerais bien de ces désagréments à répétition.

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A la poursuite du jour

Bagages

Je commence ces quelques lignes dans le Boeing 747-400 d’Air New Zealand, à près de onze mille mètres d’altitude, quelque part au-dessus de l’océan atlantique. Le monstre de quatre cents tonnes est passé à proximité de l’Islande, et d’après la carte s’affichant sur les écrans LCD individuels, l’endroit le plus proche actuellement s’appelle Godhavn. Je suppose que c’est au Groënland. L’avion a décollé de Londres il y a environ cinq heures, soit un peu moins de la moitié du temps nécessaire pour rejoindre Los Angeles. Selon le même écran d’informations, les deux villes sont distantes de 8769 km. Je suis très agréablement surpris par Air New Zealand, compagnie avec laquelle je vole pour la première fois. Le premier plateau-repas végétarien était excellent et le personnel de cabine est très professionnel. J’attends avec impatience le dîner, qui sera servi deux heures avant l’atterrissage.

Cette fois, je n’ai pas pu avoir mon siège habituel devant une sortie de secours, mais je bénéficie en contrepartie d’une rangée latérale complète pour mon seul usage. Heureusement d’ailleurs car devant moi est installé un vieil américain, du genre sans gêne, qui a incliné son siège au maximum, sans se soucier de savoir s’il me restait de la place pour les jambes. Partout où je voyage, j’ai remarqué que les retraités américains sont souvent particulièrement arrogants. Ils donnent vraiment l’impression de se croire tout permis. Même ceux que j’ai croisés en bateau dans les marinas étaient antipathiques, malgré l’esprit d’entraide que l’on retrouve généralement chez les plaisanciers au long cours.

Tiens, que se passe-t-il un peu plus loin ? Les hôtesses ont évacué une douzaine de passagers. J’ai l’impression qu’il y a une fuite de liquide venant des coffres à bagages situés au-dessus des sièges. Ca ne doit pas être bien grave car les gens debout dans la coursive ont l’air amusés de la situation. Un écossais en kilt vient de passer devant moi !

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