Carpates-relax

Hier fut une étape que nous pensions calme, elle fut fatigante. Aujourd’hui devait être une étape similaire à celle de la veille, et elle a été des plus relaxantes. Ce fut une agréable surprise, d’autant plus que je n’ai pu dormir que quelques heures. J’avais oublié que la tenue d’un blog, même sans aucune prétention, est une activité chronophage.

Nous avons eu droit à un très copieux petit déjeuner avant de quitter l’hôtel Imparatul Romanilor de Sibiu. Encore une excellente adresse à retenir. Le système de notation du site booking.com est vraiment bien et nous a toujours orienté vers des endroits que nous avons beaucoup appréciés. Ensuite est venue l’opération quotidienne de chargement des deux motos. Nous attirons toujours une certaine curiosité des passants, probablement due au fait que les motos sont assez imposantes. Cette fois, quelqu’un nous a demandé quel était le prix de nos engins. Je trouve qu’il est toujours difficile de répondre à cette question dans un pays où le salaire mensuel minimum est de 150 euros, soit plus de onze ans de salaire pour s’offrir une BMW R1200GS neuve, équipée pour voyager. T. répond que le prix équivaut à celui d’une voiture, tandis que moi, j’élude la question.

Départ vers 11h. Premiėre bonne surprise, la temps s’est un peu rafraichi. La température n’a pas dépassé les 28 degrés aujourd’hui. Ça compte beaucoup ! T. avait étudié la veille un itinéraire évitant les axes majeurs, et a ouvert la marche. Direction Piatra-Neamt, dans les Carpates. Nous avons traversé de nombreux villages semblant sensiblement plus colorés et animés que ceux que nous avions vu jusqu’à présent. Beaucoup de charrettes tirées par des chevaux, m’ayant fait penser un instant au Far West. Nous n’avons eu aucun problème de trafic et les camions étaient peu nombreux.

Lors d’une pause cigarette près d’un groupe de maisons isolées, une petite fille s’est approchée de nous, suivie du reste de sa famille. Ils devaient faire partie d’une communauté particulière car ils avaient des vêtements assez différents des autres habitants de zones rurales. Les hommes portaient tous des chapeaux qui m’ont fait penser à ceux des Amish. Ils avaient installé sur le bord de la route un petit stand d’objets artisanaux en cuivre, dont un énorme alambic de 300 litres. J’ai acheté mon premier souvenir, une petite bouilloire pour faire du café turc. J’ai payé la chose 100 lei, soit environ 23 euros. Je suis sûr d’avoir eu droit à un tarif « spécial touriste » mais il est joli, pas bien cher, et ces gens étaient sympathiques. Ils ont quand même fini par devenir un peu trop insistants au moment où nous allions repartir, espérant quelques billets supplémentaires. C’est souvent ainsi dans la vie, les gens charment au début et déçoivent ensuite, toutes proportions gardées

Au fur et à mesure que nous avancions dans les Carpates, les paysages étaient de plus en plus beaux et relativement sauvages. Nous avons pris une magnifique petite route de montagne, sinueuse à souhait et montant à 1500 mètres, dénichée par T. dans un guide. Les GS sont très amusantes à piloter dans cet environnement, mais l’état de la chaussée et notre chargement nous ont imposé de rester raisonnables. La dernière partie de l’étape du jour était du coté du lac rouge, avec des passages au fond de gorges incroyables. Malheureusement, cette zone a été en partie défigurée par les activités liées au tourisme.

Nous sommes arrivés à Piatra-Neamt après 287,7 kilomètres de route en bonne partie montagneuse et avons immédiatement trouvé l’hôtel réservé comme à notre habitude, la veille. Son nom, la pension Ianis, est trompeur, car il n’a rien d’une pension. Il s’agit d’un bâtiment très récemment construit, avec une bonne quinzaine de chambres, un restaurant et un grand parking. Nous avons été bien accueillis et la chambre est parfaite, surtout lorsque l’on sait que la nuit est à 30 euros. On nous a dit qu’après la chute de la dictature pseudo-communiste, des fortunes locales se sont construites sur l’économie parallèle. Je ne serais pas surpris d’apprendre que le propriétaire de cette « pension » fasse partie des privilégiés. Nous avons diné sur place puis nous nous sommes occupés de la préparation de l’étape suivante.

Demain, après un tour rapide de quelques monastères que veut visiter T., nous pointerons notre roue avant vers Chisinau, la capitale de la Moldavie, à 300 km de l’endroit où nous sommes. Ce sera l’objet de la prochaine page de ces notes de voyage.

Avant de poster ces lignes et demander à Morphée de m’accueillir, un dernier point. Plusieurs lecteurs m’ont demandé d’illustrer ma prose nocturne avec des photos ou des vidéos. Je serais ravi de le faire, mais c’est techniquement un peu compliqué, surtout avec mon iPad, et demande du temps que je n’ai vraiment pas. Mais promis juré, j’en publierai dès mon retour, la semaine du 10 octobre.

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