De l’autre côté du Rideau de Fer

De retour au clavier, depuis Keszthely, petite ville hongroise sur les rives du lac Balaton. Je vais essayer de faire court ce soir, il est déjà 1h30 du matin et demain réveil à 8h30 car nous avons une étape qui risque d’être fatigante. Nous allons traverser la Hongrie par les routes secondaires et passer la frontière roumaine pour dormir à Timisoara. En fait, nous n’avons que peu de marge de manœuvre sur cette partie du voyage car C., la copine de T., doit venir passer une semaine avec nous et nous devons impérativement être à Odessa le 17, dans quatre jours. Il nous faut traverser la Hongrie, la Roumanie, et la Moldavie, soit près de 2000 kilomètres sur des routes potentiellement difficiles.

Après mon billet d’hier soir, j’ai filé me coucher. T. dormait déjà depuis un bon moment et ronflait comme un tracteur. Malgré la fatigue, j’ai eu un peu de mal à m’endormir. Ce matin, réveil à 9h, et « plainte » de T. qui m’a dit que mes ronflements l’ont réveillé dans la nuit. Nous voilà quittes donc !

Check-out du chalet-hôtel Senger à 11h après un copieux petit-déjeuner à la teutonne, comme je les aime. T. a eu droit à une petite séance de bricolage car la fixation de son top-case lui pose des problèmes. Le temps était maussade et la température assez fraiche (l’hôtel est à 1500m d’altitude).

Départ prudent sur chaussée humide, accompagnés de quelques gouttes de pluie. T. est méfiant car ses pneus Michelin Anakee II ont déjà décroché trois fois dans des virages. Pour ma part, ma GSA est chaussée de Dunlop Trailmax TR71 bien plus accrocheurs. En revanche, je le sais pas si leur gomme tendre me permettra de boucler tout le voyage. Je les changerai peut-être en République Tchèque ou en Allemagne.

La route a été facile sur cette étape de 506,7 km, aux trois-quarts sur des voies express. Seule la température, toujours autour des 30 degrés, a été pénible. Nous nous sommes dirigés vers Graz, la seconde plus grande ville autrichienne, après Vienne, mais avons obliqué avant de l’atteindre pour rejoindre la frontière Slovène. Là aussi, achat d’une vignette autoroutière, valable quatre jours. Ce système sans péages, mais avec une vignette de durée variable, est vraiment bien et beaucoup moins onéreux pour les gros rouleurs que le système français. Tiens, pour l’anecdote, l’entrée en Slovénie a été l’occasion de voir notre première « bombasse de l’est ». La fille du guichet de vente de vignettes était à croquer !

Le réseau autoroutier slovène semble flambant neuf et est quasiment vide. Nous n’avons pas vu grand-chose d’autre du pays. L’entrée en Hongrie, une centaine de kilomètres plus loin, est imperceptible. Seul un petit panneau la signale. Nous nous arrêtons dans une station service pour remplir nos réservoirs et acheter la vignette hongroise. On ne trouve pas de SP98, mais la station propose un carburant que je n’avais jamais vu ailleurs, du « super » sans plomb mais également sans sulfure. Par précaution, nous avons quand même préféré nous en tenir à du SP95. A noter aussi que le carburant coûte bien moins cher qu’en France. La différence est de près de 0,40 € au litre ! Ici, le système de vignette est un peu différent. On la paye aux stations service qui enregistrent le numéro d’immatriculation du véhicule, et un réseau de cameras sur les voies rapides détecte si le véhicule qui passe a bien payé sa taxe. On se sent comme surveillé par un « Big Brother ». Ça ne nous a pas empêché de rouler, comme d’habitude, au-delà des limitations de vitesse.

Nous sommes arrivés à Keszthely vers 18h30. J’avais réservé la veille une chambre dans la pension de famille Sarokhaz Panzio. Nous découvrons une charmante petite maison dans une zone résidentielle très calme. Le propriétaire, un homme d’une bonne soixantaine d’année nous accueille particulièrement bien. Il parle un anglais rudimentaire mais la communication est facile. Le bonhomme est absolument adorable. Après nous avoir permis de mettre nos motos dans son garage et montré la chambre, petite mais très propre, il nous a fait faire le tour de son jardin. Il a de la vigne, des mûres énormes, des tomates, des courges. Son jardin est une véritable petite forêt. Il est aussi amateur d’animaux, a eu sept chats (dont quatre sont enterrés dans le jardin, comme en atteste un petite pierre tombale avec quatre noms), et possède encore deux tortues aquatiques et un chien très sympathique.

Une fois installés, T. est allé voir le lac Balaton, à cinq minutes de marche, et moi j’ai relevé mes e-mails. Partout où nous sommes passés, nous avons eu accès au réseau Internet en WiFi. Je n’ai pas encore utilisé une seconde de mon abonnement 3G. Ensuite, nous sommes allés en ville, retirer des espèces à un distributeur (pas encore l’euro ici) et diner en terrasse, dans le seul restaurant qui semblait ouvert. Nous avons diné comme des ogres (j’ai pris entrée, deux plats et dessert !) et c’était absolument succulent. Le tout pour 27 €, soit à peu près un quart des prix français… Nous entrons en effet dans la partie « pauvre » de l’Europe.

Nous nous sommes un peu égarés au retour, en cherchant l’hôtel. Les « smartphones » et leur GPS intégré sont bien pratiques dans ces situations. La ville est comme morte et on commence ici à ressentir cette ambiance particulière des anciens pays du rideau de fer. L’éclairage public est inexistant ou très faible et seuls les aboiements des chiens troublent le silence. Il fait extrêmement humide ce soir et la ville semble infestée de moustiques qui sont énormes et très bruyants. Cela dit, j’entends d’ici les ronflements de T. Ils auront au moins l’avantage de couvrir le bruit des moustiques !

Ce sera tout pour aujourd’hui. Je voudrais raconter tant d’autres d’autres choses, mais le temps manque, tout comme le sommeil. A demain donc, depuis la Roumanie !

You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
2 Responses
  1. Vespa dit :

    Hello Smop
    Ce ne sont pas des vacances, mais un marathon ;-))
    Bizzz, Véro

  2. pawa dit :

    Oups, mes souvenirs de Roumanie datent d’avant le rideau de fer, mais l’infra routière n’a pas du évoluer beaucoup … Belle « arsouille » en perspective avec T. jusqu’à Odessa (charmant port de pêche sur la mer noire …;-))
    хороший компаньйон дорозі !

Leave a Reply

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>