Goodbye Australia…

Samedi 11 juin, dernier jour à Sydney. Lever à 10h, petit-déjeuner dans la foulée. J’ai rendez-vous pour déjeuner avec Morgan et Marie. Je fais le plein d’essence de la voiture de Charles avant de la déposer dans le parking de son bureau. L’essence ici est beaucoup moins chère qu’en France. Pour du “sans-plomb” il faut compter environ 1,25 dollar par litre, soit 75 centimes d’euro. Il était temps de donner à boire à la bête, j’étais au bord de la panne d’essence. J’arrive au bureau vers 13h20. J’ai travaillé pendant près de cinq ans avec cette boîte mais je n’y avais jamais mis les pieds. Je retrouve sur la porte vitrée le logo de l’éditeur de logiciels pour lequel je travaillais, foutu logo tellement compliqué à utiliser car le dégradé de bleu était difficile à bien reproduire sur toute impression.

Nous allons déjeuner dans un restaurant italien situé dans l’immeuble voisin. Une fois de plus c’est excellent. La qualité de la bouffe en Australie aura été vraiment constante et je n’ai jamais été déçu, même dans certains endroits plutôt modestes comme le club RSL dont je parlais dans un précédent article. Pour retrouver ce niveau de qualité, de fraîcheur et de service en France, il faut aller dans des restaurants haut de gamme. Ici on trouve ça vraiment partout, en tout cas dans l’agglomération de Sydney. Certes, ce n’est souvent pas donné mais absolument irréprochable.

Retour au bureau vers 15h, présentation des gens qui y bossent et traditionnelle visite de la salle informatique. Morgan m’installe dans le bureau de Charles, qui, je le rappelle, est à Kuala Lumpur en Malaisie. Je me connecte en WiFi au réseau d’entreprise et m’occupe pour quelques heures de mes e-mails, du blog et de faire le tour des sites d’infos que je consulte habituellement. Rien de bien neuf, si ce n’est que j’apprends qu’Apple vont abandonner les processeurs PowerPC au profit de ceux d’Intel d’ici un à deux ans. Tout comme l’hégémonie de Microsoft, je trouve qu’il est inquiétant de voir une entreprise commerciale détenir un quasi monopole sur un marché aussi stratégique que celui des processeurs informatiques. Le monde de George Orwell se rapproche à grands pas… J’espère que la planète va rapidement se réveiller avant que le cauchemar d’un monde totalement et uniquement dirigé par l’argent ne devienne une réalité globale. A moins que ce ne soit déjà trop tard ?

Vers 19h45, Morgan me dépose à l’hôtel dans sa BMW M3. Je remarque qu’il a sur le pare-brise un détecteur de radars. En fait, il s’agit plus exactement d’un GPS Uniden spécialisé qui télécharge sur Internet la carte des radars connus. C’est la nouvelle mode chez les flics, arrivée également en France grâce au petit merdeux que tout le monde reconnaîtra : mettre des radars automatiques partout sans en cacher la position. Le fait qu’ils soient placés à des endroits connus permet de faire passer la pilule auprès du public, tout en rapportant énormément d’argent à l’état. On n’arrête pas le progrès en matière de nivellement des individus !

Je ressors de l’hôtel pour dîner. Mais non, je ne passe pas ma vie à bouffer ! Je libère un pauvre chat coincé dans ce qui semble être la cave d’une église en tordant la grille rouillée d’un soupirail. J’en profite pour passer devant le dernier immeuble où j’avais habité deux semaines (sur Darley Street) avant de déménager à Melbourne puis quitter l’Australie. J’ai gardé de très mauvais souvenirs de cet immeuble. Un avant-goût du début de la fin de pas mal de choses… Une fois sur Oxford Street, je vois un restaurant Laotien qui me semble sympa, le “Pink Peppercorn”. Le hasard a bien fait les choses, le dîner est un véritable bonheur. En particulier un dessert fabuleux et très original, un sorbet de fruit de la passion, sur lit de papayes, relevé de petits morceaux de piments. Ce sera peut-être le meilleur restaurant essayé lors de cette courte escale à Sydney. Quand je pense qu’on fait tout un plat de la cuisine française…

De retour à l’hôtel, je demande à être réveillé à six heures du matin et m’attaque aux dernières corvées, boucler mes sacs et passer à la laverie de l’hôtel. Très pratique ce système de laveries self-service qu’on retrouve dans de nombreuses résidences à Sydney. Je finis par me coucher à 3h30 du matin. Un taxi doit passer me prendre à 6h45, la nuit va être courte !

Tiens, une bien bonne : en regardant mon passeport, je me rends compte qu’on a oublié de le tamponner à l’entrée en Australie. Donc officiellement je ne suis pas ici !

Réveil à l’heure prévue, puis la réception m’appelle à 6h30 pour me dire que mon taxi est là. Il est arrivé un quart d’heure plus tôt que ce que j’avais demandé et du coup je suis à la bourre. Quand je descends, le type à l’accueil me dit qu’il a débité sur ma carte de crédit les 9,50 dollars qui me restaient à payer, pour gagner du temps. Je suis furax car j’avais gardé exprès des espèces pour payer le solde de ma facture. Je me dis que lors de mon prochain séjour ici, je ne remettrai plus les pieds dans cet hôtel. S’il y a bien une chose que je ne supporte pas, c’est le manque de professionnalisme…

Direction l’aéroport international de Sydney où j’arrive à sept heures. Le jour est en train de se lever. Longue file d’attente pour l’enregistrement des bagages. Là aussi, c’est vraiment limite, mon gros sac fait 31,9 kgs, soit cent grammes de moins que le maximum autorisé. Une fois de plus l’hôtesse est sympa, elle me trouve une place à côté de la sortie de secours pour pouvoir caser ma longue carcasse. Petit-déjeuner dans l’aérogare puis je traîne un peu dans les magasins “duty-free”.

Au passage de la douane je demande à ce qu’on mette sur mon passeport un tampon pour l’entrée également car je crains d’avoir d’éventuels problèmes lors d’un prochain passage. Face à l’administration je me méfie toujours car ils seraient capables de dire que je suis entré illégalement dans le pays ! L’opération me fait perdre un bon quart d’heure. La passage au détecteur de métaux est le plus pointilleux que j’ai eu jusqu’ici. Je dois sortir mon ordinateur portable de son sac pour qu’il soit scanné séparément et je dois également ôter mes chaussures. Je ne savais pas que les Néo-Zélandais étaient aussi devenus paranos.

L’embarquement pour le vol Qantas QF119 à destination d’Auckland ouvre à 8h45 et après une dernière clope je me présente à la porte à 9h. L’avion est un Boeing 767-300, pas très rempli. Je commence à voir des Maoris, l’ethnie qu’on retrouve dans plusieurs îles de cette région du Pacifique, ainsi qu’en Nouvelle-Zélande. Leur intégration au monde occidental s’est bien mieux faite que celle des Aborigènes en Australie. Le steward vient me voir pour me poser quelques questions réglementaires comme je suis devant une sortie de secours, du genre “suis-je d’accord pour aider l’équipage à faire évacuer l’avion en cas d’urgence ?” ou encore “suis-je en mesure de jeter sur l’aile la porte de 27 kgs”. Rassurant ! Si le passager refuse ou ne parle pas anglais, le steward doit l’inviter à aller s’asseoir ailleurs. L’avion commence à reculer de son aire de stationnement juste à l’heure prévue, 9h20. Pour arriver à Auckland qui se trouve à environ deux mille kilomètres à l’est de Sydney, il faut un peu moins de trois heures de vol et le décalage horaire est de deux heures. Je devrais donc atterrir vers 14h15 en heure locale. Le temps est gris aujourd’hui sur Sydney, j’ai eu de la chance d’avoir du soleil toute la semaine. J’ai encore droit à un déjeuner végétarien et le film du jour est “Million Dollar Baby” que j’ai vu au cinéma juste avant de quitter la France, mais je suis trop crevé pour le revoir et je vais dormir un peu.

Voilà pour conclure sur cette petite semaine passée en Australie. Je suis vraiment très content d’être revenu ici, même si j’ai réveillé quelques vieux fantômes. Ce pays-continent est vraiment le plus bel endroit que je connaisse sur notre planète. Certes, tout n’est pas parfait, mais globalement on y trouve le meilleur compromis pour bien vivre. Peu de choses ont changé en onze ans, si ce n’est que la vie m’a semblé y être devenue aussi chère que dans les autres pays industrialisés. J’ai encore eu l’impression d’y être “chez moi” et le départ fut difficile, mais j’ai d’autres objectifs en vue pour l’instant…

La suite au réveil, une dizaine de degrés de latitude plus bas…

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2 Responses
  1. myux dit :

    Salut Georges,

    Je raccroche un peu sur SunWizard et j’ai enfin consulté ton BLOG tant évoqué sur le forum SUNWizard…
    Je constate que tu vas bien ! Et je viens de lire ton épopée (ou plutot tes chroniques) qui sont assurement passionnantes… Mon Dieu… quelle plume !
    Ton écriture est accrocheuse, vivante et très agréable. Aurais-tu des talents de journaliste ? en tous le cas, je continuerais à lire “tes aventures” entre midi et 2.

    Au fait ! J’espère que tu ne vas pas à RAPA ITI… les zones militaires sont des moins accueillantes !!!!

    CIAO,
    TB (myux)

    • Smop dit :

      Hello Thierry –

      Merci pour les compliments 🙂

      Mais où as tu vu que Rapa Iti est une zone militaire ? Je l’ai effectivement lu dans certains guides, mais ce n’est pas vraiment clair car tous n’en parlent pas, et de plus les essais nucléaires étant terminés, je ne suis de toute façon pas sûr que ce soit encore d’actualité.

      Si tu as des infos, n’hésite pas à me les faire parvenir (par e-mail plutôt). C’est très difficile d’en avoir sur cette île du bout du monde !

      A bientôt,

      Georges

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