Ils sont partout !

Moustique

Ce midi, je regardais le journal télévisé et j’étais atterré à la vue des grotesques mascarades pascales qui font l’actualité du jour. Lorsque je vois cette dangereuse bêtise religieuse, je ne peux m’empêcher de penser à Charles Darwin. Evolutionniste convaincu mais sans pour autant tomber dans le quasi mysticisme des théories “Gaïa”, j’ai toujours été fasciné par l’absolu qu’offre la loi de la nature. Chaque élément y trouve sa place, du plus faible au plus fort, du plus simple au plus complexe. J’aime beaucoup cette citation de Théodore Monod : “La nature n’est ni morale ni immorale, elle est radieusement, glorieusement, amorale.”. Même le parasite, y compris dans la société humaine, a un rôle à jouer dans l’équilibre global. Voilà d’ailleurs une excellente raison de se méfier comme de la peste de ceux qui ont un penchant un peu trop prononcé pour l’ordre, aussi séduisant soit-il en apparence. Il est cependant au moins une création de la nature dont je n’ai jamais compris l’utilité : le … moustique ! Si un naturaliste me lit, peut-être pourrait-il m’éclairer ?

J’ai toujours eu maille à partir avec ce représentant de la famille des Culicidae que je croise partout où je vais. Il semblerait que ces délicieuses bestioles soient attirées par le dioxyde de carbone émis par la respiration et par certaines sécrétions de la peau. Seule la femelle adulte pique et utilise les protéines contenues dans le sang des mammifères pour fabriquer ses oeufs, un comble ! Tout ça pour une misérable existence qui n’excède pas quelques semaines… Au moins un répulsif s’avère efficace, le ”Off!” de Johnson. Un Belge farfelu me l’avait recommandé aux Antilles il y a quelques années, et depuis je l’ai adopté.

En dehors de l’inconfort que génèrent leurs piqûres, les moustiques posent un sérieux problème de santé publique en tant que vecteur de transmission de maladies. Selon une source médicale, 700 millions de personnes sont infectées chaque année et 3 millions en meurent. On a beaucoup parlé du chikungunya récemment, mais il y a bien d’autres maladies : fièvre jaune, paludisme, encéphalite, dengue, filariose, etc. La Polynésie est particulièrement concernée par les moustiques, et par leur lointain cousin, le redoutable nono. L’archipel le plus touché est celui des Marquises, ce qui nuit par ailleurs à sa fréquentation touristique.

Il y a deux semaines avait lieu en Polynésie la campagne préventive annuelle contre la filariose, à l’occasion de laquelle une distribution gratuite de médicaments est organisée. Dans sa forme aiguë, cette maladie parasitaire peut aller jusqu’à l’éléphantiasis, qui touchait 8 % de la population polynésienne au début du XXe siècle. J’ai donc eu droit, comme tout le monde, à mon lot de pilules et à ses quelques effets secondaires. A ce sujet, je me faisais la réflexion que la santé étant une question concernant l’humanité toute entière, il me paraît anormal, voire choquant, que les laboratoires pharmaceutiques soient pour la plupart des sociétés privées et commerciales. Que l’Etat serve à quelque chose au lieu d’être un gouffre à ambitions : qu’il les nationalise toutes et s’engage à offrir une garantie de soins universelle et gratuite !

Je pensais également à cette aberration française du conditionnement des médicaments en lots indivisibles plutôt qu’à l’unité. Nous remplissons nos armoires à pharmacie avec des dizaines de boîtes entamées, qui finissent généralement à la poubelle une fois leur date de péremption atteinte. Bilan de l’opération, on creuse encore un peu plus la tombe du système d’assurance-maladie français, on enrichit les laboratoires pharmaceutiques, on gaspille à tour de bras pour finir par encourager à la surconsommation et à l’automédication. Dans de nombreux pays, lorsqu’un médecin prescrit un traitement nécessitant dix comprimés, ce seront dix comprimés qui seront vendus par le pharmacien, et non pas une boîte de quinze ou vingt ! Le député Georges Tron (UMP) avait présenté en avril 2004 une proposition de loi sur le sujet. Trois mois plus tard, c’était au tour du député Jean-Marie Le Guen (PS) de déposer un amendement allant dans le même sens. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pourquoi donc l’Union européenne interdit-elle la vente de médicaments à l’unité ?

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One Response
  1. À en juger par la page wikipedia qui concerne les moustiques (http://fr.wikipedia.org/wiki/Moustique), ils ne servent effectivement à pas grand chose, pour ne pas dire à rien 😉
    En tout cas, tu es bien courageux de supporter toutes ces bestioles…

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