Longue escale à L.A.

Drapeau US

Un mot rapide de la salle d’embarquement de l’aéroport international de Los Angeles, après une énième fouille pour y pénétrer. J’ai allumé mon PowerBook pour commencer à écrire ce billet et mon “sniffeur” WiFi KisMAC m’a indiqué la présence d’une bonne douzaine de réseaux hertziens accessibles. Je vais donc pouvoir m’offrir le luxe de publier quasiment en direct ces quelques lignes. Le nom de l’un des réseaux disponibles démontre un certain sens de l’humour de son administrateur qui l’a baptisé “LAX Sucks” ! Le vol s’est plutôt bien passé. Je suis arrivé au comptoir d’enregistrement de l’aéroport de Tahiti Faa’a 1h45 avant le décollage, et le hall était pour ainsi dire désert, en dehors des hôtesses. C’est suffisamment rare pour être signalé ! Je suis tombé des nues lorsque la fille derrière son comptoir m’a demandé quelle serait mon adresse aux Etats-Unis, alors qu’elle était bien placée pour savoir que je n’y passerai pas plus de quelques heures. J’ai ainsi appris que lorsque le “séjour” sur le territoire américain dépassait les huit heures, il fallait impérativement fournir une adresse, sous peine de ne pas obtenir l’indispensable visa temporaire. Encore une aberration de la paranoïa américaine post 11 septembre… Sur suggestion de l’hôtesse, j’ai donné l’adresse d’un hôtel se trouvant dans la zone aéroportuaire.

Après avoir englouti un sandwich, je suis passé dans la zone réservée aux passagers. Double fouille, l’une systématique, l’autre à la tête du client, où les poches sont vidées, la ceinture et les chaussures ôtées, quelques questions posées, et j’ai enfin embarqué dans l’Airbus A340-300 “Rangiroa” de la compagnie Air Tahiti Nui (opérant le vol en ”code share” avec Qantas). L’hôtesse à l’enregistrement a été sympa, elle m’a attribué une place devant une issue de secours. Les quelques centimètres supplémentaires devant ces sièges améliorent nettement le confort lorsque l’on dépasse comme moi le mètre quatre-vingt-dix. Enfin, tant qu’il ne faut pas évacuer d’urgence l’appareil ! L’avion était rempli aux deux tiers, essentiellement de passagers en transit en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Mon voisin était un grand suédois, passionné de surf, vivant depuis dix ans à Londres, mais qui rentrait d’un séjour de deux ans à Sydney. Nous avons un peu discuté, comparant nos expériences australiennes, ce qui m’a permis de pratiquer un peu mon anglais. Il avait l’intention de faire en quelques mois la traversée des Etats-Unis, de Los Angeles à New York, avant de retourner en Grande-Bretagne. Lorsque l’avion a décollé, l’écran de télévision affichant les informations du vol indiquait 6619 kilomètres à parcourir jusqu’à Los Angeles. Comme je l’écrivais ci-dessus, le vol s’est plutôt bien passé, à l’exception de mon repas végétarien qui a été purement et simplement oublié ! Le chef de cabine est venu s’excuser, mais ce n’était de toute façon pas bien grave car des pâtes étaient au menu. Je suis végétarien, pas végétalien, donc les oeufs et les matières grasses animales ne me posent pas de problème. Dans la nuit, après avoir tenté de lire un peu, sans grand succès, j’ai pris un somnifère qui m’a permis de dormir deux ou trois heures avant d’être réveillé pour le petit-déjeuner. Le vol a duré quarante minutes de moins que ce qui était indiqué sur ma feuille de route. Je suis donc arrivé à Los Angeles 7h30 plus tard, à 8h30 du matin en heure locale (trois heures de décalage avec Tahiti). Le temps est brumeux et la température de l’ordre de 20 degrés Celsius, ce qui fait un choc en arrivant !

Aucun doute, je suis bien aux Etats-Unis. Les américains adorent afficher de manière outrancière leur stupide nationalisme comme en témoignent ces immenses bannières étoilées suspendues partout dans l’aéroport. J’ai passé sans problème les formalités de l’immigration et des douanes. On m’a pris en photo et relevé mes empreintes digitales. Me voici donc désormais fiché au pays de l’Oncle Sam. J’ai eu de la chance, le flicard n’était pas agressif. J’ai gardé le mauvais souvenir d’une conne des douanes qui m’avait bien emmerdé lors d’un transit à New York, de retour de la Jamaïque. Chose curieuse ici, même en transit international, il faut récupérer ses bagages, passer la douane, puis les remettre sur un tapis pour qu’ils continuent leur route jusqu’à la destination finale. Je n’ai pas très bien compris l’intérêt de l’opération.

Me voilà enfin sorti de l’aéroport. Ce dernier n’a rien de très sexy. Son architecture est banale, les halls d’enregistrement immenses, mais pour le reste, presque rien. Quelques rares boutiques ”duty-free” au rez-de-chaussée, un petit ”food court” à l’étage avec quelques enseignes de restauration rapide, McDonald’s compris bien sûr, et c’est tout. On est très loin de l’immensité des aéroports de Londres Heathrow ou Francfort.

Ma durée de transit étant particulièrement longue, près de treize heures, j’ai très envie de me balader un peu dans la ville de Los Angeles, que je ne connais pas du tout. Mais voilà, j’ai un double problème. Mes chaussures me font de plus en plus mal. Voilà un an que je ne porte plus que des sandales ou suis pieds nus. Retrouver des chaussures fermées est une expérience pénible. Cela dit, mon principal souci est qu’il n’y a pas de consigne à l’aéroport, et j’ai deux sacs de cabine, peu volumineux mais pesant ensemble une bonne douzaine de kilos, bourrés de matériel photo, vidéo et informatique. Je me vois mal découvrir au pas de charge une ville inconnue, avec mes deux boulets au contenu fragile et coûteux sur l’épaule. J’ai l’idée de prendre une chambre à la journée à l’hôtel Radisson, celui-là même déclaré comme adresse locale pour les besoins de l’administration américaine, mais renseignements pris, il est complet. Après quelques autres tentatives, je dois me faire une raison et décide de rester à l’aéroport. De toute façon, je serai de retour à Los Angeles dans une douzaine de jours et devrais être moins chargé cette fois. Je me suis consolé en me régalant de quelques sushis dans l’un des restaurants du ”food court”.

L’aéroport de Los Angeles est très fréquenté, avec un nombre incroyable d’asiatiques et d’hispaniques. Les annonces générales, permanentes, sont faites en anglais, espagnol, chinois et japonais. J’ai d’ailleurs un peu de mal à me concentrer sur ce que j’écris. Si le style est chaotique, j’ai une bonne excuse !  Dans l’aéroport, il y a aussi bon nombre de quémandeurs en tous genres. J’ai commencé par me faire aborder par un type qui m’a présenté une carte officielle d’une pseudo-association en espérant me soutirer de l’argent, précisant qu’il acceptait les devises étrangères. Bin voyons ! A quand les cartes de crédit ? Je n’ai rien contre les associations caritatives, mais dès lors qu’elles glissent une base religieuse dans leur action, ce qui est fréquemment le cas, elles ne méritent à mes yeux aucune considération. Le pendant de leur aide matérielle est bien souvent l’endoctrinement religieux, même si elles s’en cachent, et le remède est finalement pire que le mal ! Les soutenir équivaut à encourager l’obscurantisme tout en se donnant bonne conscience. Un second démarcheur a voulu me vendre des bouquins de méditation, un troisième souhaitait ma monnaie pour “les enfants abandonnés”, tout en chantant ce qui ressemblait bien à des louanges. Enfin, le quatrième était une femme, toujours avec une urne pour collecter des pièces, mais je n’ai pas fait attention au genre de rédemption qu’elle offrait. Je me suis amusé à observer de loin leur manège pendant une petite heure. Leurs techniques sont assez efficaces car j’en ai vu plus d’un se faire prendre. Je ne comprends pas pourquoi on les laisse faire, alors qu’on interdit la mendicité… Il y a cependant des annonces vocales régulières pour prévenir le public que l’administration de l’aéroport “n’encourage pas” les dons aux quêteurs. Cela ressemble plus à une protection légale de l’aéroport pour dégager leur responsabilité en cas de problème. J’ai pu également constater un nombre impressionnant de flics et d’agents de sécurité de toutes sortes. Certains se déplacent même dans les halls et les couloirs en vélo tout terrain, la ceinture bardée d’armes et de menottes, accompagnés par le grésillement de leur radio portable. Une autre chose surprenante est la quantité d’handicapés dans leurs fauteuils roulants, laissant penser qu’ils sont plus nombreux que dans d’autres pays, ce qui est probablement faux. Un type manifestement sourd-muet m’a abordé pour me remettre un ”pins” représentant le drapeau américain. Il attendait sans doute une pièce de ma part, qu’il n’a d’ailleurs pas eue. Curieusement, il m’a tout de même laissé l’objet qui m’a inspiré pour l’icône illustrant ce billet.

Le comptoir de British Airways, compagnie qui va assurer mes deux prochains vols, est enfin ouvert et j’ai pu obtenir mes cartes d’embarquement jusqu’à Paris. J’ai essayé de changer mes billets pour des vols partant plus tôt, mais tout est complet. Cela dit, il en existait plusieurs et je ne comprends pas pourquoi mon agence de voyages française habituelle m’a imposé cette fois-ci une escale d’une telle durée. Je dois passer les voir lundi pour retirer mon billet de retour et je leur en dirai deux mots.

Il est 19h40, plus que 1h40 à attendre…

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4 Responses
  1. Encore une fois, j’espère que ton vol s’est bien passsé 😉
    Espérons que tu puisses visiter LA à ton retour, marrant ta description de la vie aéroportuaire (!)

    Sinon, (re)bienvenue en Europe (!)

    P.S. Tu étais à LAX ?

  2. Bon vol !
    On te verra mardi soir à la réunion GUSES ?

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