Rapa Iti, l’inaccessible…

Hôtel Kon Tiki Pacific. Je récupère mes sacs et cette fois on me donne la chambre 502, juste en dessous de la précédente. Exactement pareille sauf que cette fois j’ai une télécommande pour la télé, que je ne regarde d’ailleurs pas ! Eau chaude en panne et toujours cette grosse horloge avec son “tic-tac” bruyant… Cette semaine va être importante pour la suite des événements. Je descends prendre un café, acheter le journal, des clopes et une recharge pour mon “Vini”. De retour dans ma chambre, je commence par appeler comme convenu Olivier, le patron de la boîte de services informatiques que m’a présenté Michel. Rendez-vous est pris pour demain mardi, à dix heures, au café des “3B”. Puis c’est au tour d’Eric, que j’ai connu sur le site Internet MacBidouille, dédié aux aficionados d’Apple. Il doit justement passer du côté du port et me propose de se voir dans quinze minutes. Là aussi, nous convenons de nous retrouver aux “3B”.

Je ne sais rien d’Eric si ce n’est qu’il est amateur comme moi d’ordinateurs Apple. Nous avions très brièvement fait connaissance il y a deux ou trois mois sur un forum et échangé quelques opinions sur les logiciels de comptabilité personnelle disponibles sur Mac. Je lui avais dit que je devais passer en Polynésie et il m’avait proposé de le contacter une fois sur place. Le voici qui arrive au volant d’un Land Rover Defender flambant neuf. Il doit avoir dans les 35 ans, du genre très cool, habillé relax (comme tout le monde ici) et mal rasé. Il commence par me demander si mon hôtel n’est pas trop glauque ! J’apprends qu’il est médecin cancérologue, le seul de Polynésie à pratiquer cette spécialité, et qu’il a quitté Paris pour Papeete avec sa femme et ses trois bébés depuis un an. Il a pour mission la création d’un service hospitalier public de cancérologie. Une fois les présentations faites je lui explique les grandes lignes de mon projet. Il trouve l’idée d’aller s’installer à Rapa Iti assez folle tout en pensant que l’archipel des Australes va beaucoup se développer dans les années à venir. Il me donne quelques conseils sur des administrations à visiter pour avoir plus d’informations sur l’installation en Polynésie et sur le marché du travail. J’apprends que les formalités à accomplir pour travailler à son compte sont beaucoup plus simples qu’en France. Il suffit de payer une patente annuelle spécifique au secteur d’activité souhaité pour commencer à exercer. Il me confirme quelques infos que j’avais déjà sur les salaires et le coût de la vie. Il m’indique que la quasi-totalité des sociétés commerciales en Polynésie est tenue par des Chinois. Tout comme Michel, il pense qu’on ne peut pas espérer vivre à Tahiti avec des revenus mensuels inférieurs à 300000 CFP (2500 euros). En revanche, selon lui je serais arrivé au mauvais moment, car l’économie se porte mal. J’ai déjà entendu ça partout, mais il m’en faut plus pour me décourager. Je savais bien que la Polynésie n’était pas ce paradis tel que beaucoup de gens l’imaginent naïvement. Lui semble se plaire ici pour l’instant. Nous avons passé un peu plus d’une heure ensemble et convenons de nous revoir prochainement pour dîner.

Après avoir déjeuné, je pars à la recherche du bureau de l’éducation pour me renseigner sur les possibilités d’embarquement à bord du cargo Tahiti Nui à destination des Australes. L’office du tourisme est proche et l’hôtesse de service, une Polynésienne teinte en blonde (!), m’indique d’aller au ministère de la famille, cinquante mètres plus loin. Une fois arrivé à ce fameux ministère, nouvelle hôtesse, qui ne semble être au courant de rien, et qui me renvoie vers un autre bureau que je ne trouve pas. Je vois le bureau des douanes et je rentre me renseigner. Le fonctionnaire de service me suggère d’aller voir … dans le bureau voisin, qui abrite la P.A.F. (Police de l’Air et des Frontières) du port, là où les bateaux de plaisance font leurs formalités d’entrée et de sortie de Tahiti. Deux Polynésiens en uniforme sont là. L’un d’eux a des tatouages sur les bras et l’autre doit peser deux fois mon poids. J’explique encore une fois ce que je cherche, et en profite pour demander quelle est la procédure à suivre pour faire entrer des animaux domestiques en Polynésie, car je rappelle que j’ai toujours mes deux chats à ramener ici dès que je serai installé. Les deux flics ne peuvent répondre à aucune de mes questions tout en ayant des avis contradictoires mais prennent le temps de chercher dans l’annuaire les numéros de téléphone du bureau de l’éducation ainsi que celui du service du développement rural, qui se charge de l’importation des animaux. Je les remercie et repars vers l’hôtel pour passer mes coups de fil.

Je m’installe confortablement dans un fauteuil, avec un bloc-notes et mon téléphone portable. Je commence par appeler le bureau de l’éducation. On me balade de poste en poste. Quel que soit le lieu, l’administration restera toujours aussi bureaucratique. Je finis par avoir la personne qui est responsable du rapatriement des gamins pendant les vacances scolaires pour apprendre que c’est bien au G.I.P. que je dois m’adresser, alors que c’est justement là qu’on m’avait orienté vers le bureau de l’éducation. J’obtiens quand même la confirmation que le navire doit quitter Papeete en fin de semaine et fera bien escale à Rapa. J’appelle le G.I.P. et je tombe enfin sur le fonctionnaire qui s’occupe de l’affrètement du Tahiti Nui. J’explique que je voudrais embarquer pour Rapa car le Tuhaa Pae II n’a plus de places disponibles. Le type au bout du fil, dans un style de parfait bureaucrate, m’annonce que le bateau est plein, et que selon les régulations des affaires maritimes il lui est absolument impossible d’embarquer le moindre passager supplémentaire. C’est clair, net et sans appel. J’insiste mais il n’y a absolument rien à faire. Le règlement c’est le règlement ! Je dois me résigner à conclure qu’il me sera impossible de partir pour Rapa avant la rotation du 6 septembre du Tuhaa Pae II. Dans le meilleur des cas, deux mois et demi à attendre ! Je réfléchis à nouveau à la solution de trouver un propriétaire de voilier qui accepte de faire l’aller-retour, mais cette option me paraît assez peu viable, pour des questions de coût mais aussi de météo défavorable en cette saison sur l’archipel des Australes. Grosse déception et surtout remise en question du but même de ce voyage. Je savais que Rapa Iti ne serait pas une destination facile mais je n’avais pas pu obtenir suffisamment d’informations pour évaluer le risque de me retrouver coincé plusieurs mois…

Il n’est pas trop tard pour contacter le service du développement rural pour au moins me renseigner comment récupérer mes chats. Cette fois je trouve assez facilement la bonne interlocutrice, et les mauvaises nouvelles continuent : Pour commencer, la quarantaine est toujours obligatoire, contrairement à ce que mon vétérinaire m’avait laissé entendre. La loi a effectivement changé récemment, mais elle n’a fait que réduire le délai de quarantaine de six à un mois. Ensuite, la Polynésie de dispose pas de centre de quarantaine, celui de Nouvelle-Calédonie a été fermé et la solution la plus simple exige de passer par un centre agréé en … Grande-Bretagne. La personne que j’ai au bout du fil m’indique un coût approximatif de l’opération de près de 3500 euros par chat, sans compter le billet aller-retour en avion pour s’occuper des nombreuses formalités sur place et du mois à passer dans les environs de Londres pour tenir compagnie aux chats. Au total, je dois prévoir un budget approximatif de plus de 10000 euros. De plus, tout ça prend du temps car il faut respecter plusieurs délais entre les titrages antirabiques. Je ne parle même pas des autres facteurs à prendre en considération, à savoir un nouveau délai d’attente pour le cargo des Australes, avec nouveau séjour forcé à Papeete… Je trouve le numéro d’un vétérinaire privé dans l’annuaire et je l’appelle, juste pour être sûr qu’il n’existe aucune autre solution. Il me confirme tout, en me précisant cependant que je pourrai éviter la quarantaine si je viens en Polynésie à bord d’un voilier. La traversée du point le plus proche durant au moins trois semaines, la période d’isolation serait acceptable pour vérifier à l’arrivée que mes chats n’incubent pas la rage. Mais bon, je n’ai plus de voilier et la traversée France – Polynésie prendrait plusieurs mois. Quand j’ai ramené mes deux chats de l’archipel des Açores en 2001, ils ont été sérieusement malades d’un bout à l’autre des dix jours de traversée. J’avais même failli me dérouter d’urgence pour pouvoir gagner quelques jours et les amener chez un vétérinaire en Espagne… Je ne comprends pas pourquoi il est si difficile de faire traverser les frontières aux animaux. Les hommes n’ont aucun problème pourtant ils sont autrement plus nocifs pour l’environnement ! Ne serait-ce qu’un chiard dans un long courrier qui rendra le vol insupportable à des dizaines de passagers avec ses hurlements de cochon qu’on égorge. Il est probable que la plupart d’entre vous qui lirez ces quelques lignes se demanderont pourquoi est ce que je fais une telle histoire pour deux chats, alors que je peux en trouver tant que je veux n’importe où, mais c’est comme ça. Je ne fais pas partie de ces sinistres individus qui considèrent leurs animaux comme des jouets et qui les abandonnent sur une aire d’autoroute quand ils partent en vacances…

Bref, voilà un mois que je suis parti, et arrivé si près du but je dois tout remettre en question. Je peux faire une croix sur Rapa Iti pour l’instant, et il est hors de question que je laisse mes chats indéfiniment en France. Il va falloir improviser et trouver des solutions. Après tout l’intelligence n’est-elle pas l’adaptation aux situations nouvelles ?

Un rapide somme et je ressors pour aller dîner aux roulottes. Le ciel était très sombre en fin d’après-midi et j’ai cru qu’il allait pleuvoir mais les nuages ont maintenant disparu. Au menu ce soir des crêpes, sur une place Vaiete très animée. Le paquebot qui était mouillé dans la baie de Cook à Moorea est maintenant amarré dans le port de Papeete. Une scène a été construite à côté du grand kiosque de la place pour la fête de la musique demain. Cette dernière ouvre le mois de festivités Polynésiennes annuelles, le Heiva. Comme d’habitude, expresso au Mana Rock Café et retour à l’hôtel. Quelques heures d’écriture et au lit vers 4h15 du matin. Je voulais me coucher tôt ce soir pour être en forme à mon rendez-vous demain matin. C’est loupé ! Je trouve qu’écrire régulièrement est assez contraignant mais une fois l’habitude prise ça devient comme une sorte de drogue. Ca remplace partiellement le dialogue et mon vieux terme de “solitude accompagnée” me revient à l’esprit.

Mon réveil sonne à 9h, une douche finit le boulot et je me prépare à partir. Vingt minutes avant mon rendez-vous mon Vini sonne. C’est Olivier, qui préfère reporter notre entretien à jeudi prochain, même endroit, même heure. Il s’excuse en m’expliquant qu’il travaille en ce moment avec la télévision Suisse et qu’il n’a pas fini de rédiger un papier qu’il doit absolument rendre mercredi. A vrai dire ça m’arrange, car je n’ai pas assez dormi et ne me sens pas vraiment d’attaque pour un entretien professionnel, d’autant plus que je n’ai a priori pas l’intention de travailler, tout du moins pas avant d’avoir pris de décision sur la suite de mon voyage, après les deux mauvaises nouvelles de la veille. Je vais quand même aux “3B” où nous avions rendez-vous pour prendre mon petit-déjeuner et réfléchir.

Quelles sont les options possibles ?

– Glander à Papeete pendant deux mois et demi en attendant de pouvoir embarquer pour Rapa ? Non, l’île de Tahiti n’a que peu d’attraits et ce n’est pas mon genre d’aller faire bronzette à la plage. Quand à voyager autour, le problème de budget se pose. Rien qu’en restant sur place je claque plus de cinq mille euros par mois sans rien faire de spécial et les liaisons inter-îles coûtent très cher. De plus, je n’ai aucune certitude sur mes possibilités d’installation à Rapa et chaque jour perdu diminue mes chances là-bas pour des questions bassement matérielles. Mon budget initial était suffisant pour pouvoir assurer le quotidien pendant une période d’adaptation, même longue, mais certainement pas pour faire du tourisme de luxe pendant plusieurs mois, dans l’une des régions les plus chères de la planète. Il faut que je garde également en tête les plus de dix mille euros nécessaires au rapatriement de mes chats.

– Aller dans une autre île des Australes, Rurutu ou Tubuaï par exemple ? C’est peut-être une solution, mais ce sont des îles desservies par des aéroports et donc fréquentées par des touristes. Certainement moins que dans les autres archipels de Polynésie mais d’après les guides le coût de la vie y reste quand même très élevé. Ce qui veut dire qu’à un moment ou à un autre je devrai trouver une source locale de revenus, et les chances de pouvoir travailler là-bas me semblent assez réduites. Quand à y monter une affaire ou acheter un faré (une maison), c’est exclu, le coût se chiffrerait en centaines de milliers d’euros.

– Rester à Papeete, louer un appartement ou une maison dans les environs ou sur l’île de Moorea, et travailler dans ce que je connais, à savoir l’informatique ? C’est sans aucun doute l’option la plus facile, sous réserve bien entendu de pouvoir trouver un travail intéressant et suffisamment bien rémunéré pour pouvoir vivre confortablement. J’ai certes d’excellentes références et une bonne expérience professionnelle, mais je ne serai pas le seul à chercher. Vivre à Tahiti est un rêve pour beaucoup de gens et les candidats sont très nombreux. On m’a dit que peu réussissent et ceux qui n’y parviennent pas finissent pas rentrer en métropole, fauchés et déçus. Et puis tant qu’à retrouver le type de vie que je connais, j’ai bien évidemment des exigences. Je ne vais pas me lancer dans le dépannage de PC ou le développement de sites web à quarante ans… Pourquoi pas me remettre à mon compte comme ça semble facile ici. Il suffit de payer une patente pour pouvoir exercer, mais je suis bien conscient que le business insulaire est certainement déjà bien verrouillé par ceux qui sont en place et la concurrence risque d’être dure. Je vais voir un peu ce que donne mon rendez-vous de jeudi et évaluer mes chances de réussite pour prendre une décision. Cela dit, la solution la plus facile techniquement n’est pas la plus satisfaisante dans l’état d’esprit de mon départ. J’ai fui une vie aisée et confortable pour faire quelque chose de différent. Reproduire la même chose ici revient pour moi à régresser…

– Tenter ma chance en Thaïlande ? J’ai beaucoup apprécié mon court séjour là-bas et je pense que je pourrais probablement trouver un village perdu dans la jungle près de la frontière avec le Laos et me lancer dans une expérience proche de ce que je recherchais à Rapa. Le coût de la vie est tellement bas en Thaïlande que j’aurais sans doute largement le temps de m’adapter sans avoir à me soucier des aspects financiers. Mais bon, il y a quand même quelques inconvénients. Tout d’abord ce n’est plus la France et je retomberais dans les tracasseries habituelles de visas longue durée. Apparemment il est possible de se débrouiller, mais ça reste une contrainte pénible. Ensuite il y a le problème de la langue. Dans les villes, l’anglais permet de communiquer, mais je doute fort que ce soit le cas au fin fond de la jungle et le Thaï n’est pas forcément facile à apprendre pour un occidental. Et puis bien sûr, il y a encore la question des chats. Je ne me suis pas du tout renseigné sur le sujet.

Je serai finalement resté deux bonnes heures aux “3B”. J’ai discuté un peu avec l’un des serveurs, qui commence à me connaître. Il est originaire de Lille, installé depuis onze ans à Tahiti et marié avec une demi-Tahitienne, demi-Indienne. Il a l’air d’en avoir marre et m’a dit envisager de retourner en métropole d’ici deux à trois ans si sa femme s’y plaît. Il gagne le salaire minimum ici (125000 CFP mensuels, soit un peu plus de mille euros) et on ne laisse pas de pourboires en Polynésie… Il me dit que ne pas payer d’impôt sur le revenu c’est bien, mais surtout en faveur des “riches” car la différence est largement compensée par le coût de la vie, qui lui touche tout le monde. Ce sera le premier qui me chuchotera quelques critiques sur l’ère Gaston Flosse.

Aujourd’hui nous sommes le 21 juin, premier jour de l’hiver austral. Sympa de n’avoir pas besoin de se mettre autre chose qu’un short et un T-shirt pour sortir, même dans la fraîcheur très relative de la nuit. Depuis que je suis là, je n’ai pas vu un seul costume et encore moins de cravate ! La fête de la musique bat son plein et la place des roulottes est noire de monde. J’ai pu goûter au fameux “Chao men”, plat d’origine chinoise très populaire ici. Je n’ai que moyennement aimé mais ça remplit bien ! Les concerts, une succession de groupes Polynésiens, sont retransmis en direct sur la chaîne de télévision Tahitienne. C’est très bon enfant et relax comme ambiance. Les cafés débordent de monde. Beaucoup de jolies filles partout. En les regardant défiler, je me demandais quelles étaient les normes sociales de séduction ici. Elles sont souvent habillées très court, toujours souriantes, et aborder une fille ici ne poserait aucun problème au plus coincé des timides. C’est naturel, voilà tout… Différent de la Thaïlande où tout respire le sexe, mais tellement moins coincé que dans les pays occidentaux. Je ne suis guère surpris que beaucoup d’étrangers succombent aux charmes des “vahinés”. Ca donne d’ailleurs des métissages intéressants, d’autant plus qu’il y a aussi beaucoup de filles asiatiques.

Voilà où j’en suis pour l’instant. Aucune nouvelle de Michel qui devrait me remettre aujourd’hui ma carte définitive d’adhésion à son association. J’ai acheté “La Dépêche de Tahiti” en rentrant à l’hôtel cet après-midi. Je décortique les nombreuses petites annonces, qui curieusement sont placées en début de journal. Je vais essayer de publier demain dans le blog les quatre articles en attente ainsi que les photos. Pour ça j’ai besoin de connecter mon PowerBook et je crois que ce n’est possible que dans un seul cybercafé de Papeete qu’il faut que je trouve. Je dois aussi faire un peu de maintenance sur mon serveur Internet. Je pense que je vais changer un peu le style des prochains articles pour les rendre plus synthétiques, en tout cas pour les jours à venir. Raconter dans le détail des journées où il ne se passe pas grand-chose ne serait passionnant pour personne !

A bientôt pour la suite…

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