Un an plus tard…

Anniversaire

Une dizaine de jours se sont écoulés depuis mon dernier billet. Ce n’est pas sérieux, je m’étais promis de publier au moins deux textes par semaine. Je dois dire que je n’ai pas beaucoup de choses à raconter en ce moment. Les journées se suivent et se ressemblent. Les plages, le lagon, le ciel bleu et le soleil font rêver, mais lorsque le rêve devient réalité quotidienne, il perd sa dimension magique et on finit par s’en lasser. On m’a souvent dit que j’étais blasé et que je ne savais plus m’émerveiller ni profiter des plaisirs simples. Il y a sans doute un peu de vrai là-dedans. Certes, je suis mieux ici qu’en “métropole”, mais je dois admettre que mon quotidien devient assez ennuyeux, et cela même si, ô paradoxe, je n’ai pas le temps de m’ennuyer !

Je l’ai déjà écrit ici : j’étais venu en Polynésie pour tenter une expérience très différente des précédentes. Je voulais essayer de vivre sur une île perdue du Pacifique, et voilà que je me retrouve à prendre racine dans ce qui ressemble à une sous-préfecture de province, somme toute assez triste et peu intéressante, une fois passée l’euphorie des premières semaines.

Samedi prochain, cela fera un an que j’ai quitté la France. Quel premier bilan puis-je faire de ces douze derniers mois ? D’abord, deux semaines à survoler au pas de charge la Thaïlande. Ce fut très intéressant mais beaucoup trop court. Il faut absolument que je retourne passer six mois dans ce pays où il y a tant à découvrir. Puis ce fut une semaine en Australie, suivie de quelques jours en Nouvelle-Zélande, à la recherche de souvenirs d’une époque lointaine et révolue. Enfin, l’arrivée en Polynésie à la mi-juin pour me rendre compte rapidement que Rapa Iti ne serait sans doute plus ma destination finale. Les trois mois d’effervescence qui avaient suivi m’avaient encouragé à m’installer pour quelque temps à Tahiti, et … le temps s’est alors arrêté. Voilà donc huit mois que plus rien de bouge, ou presque, et que mes journées sont consacrées essentiellement à la lecture et à l’écriture.

Cela a bien entendu de bons côtés, mais je commence à ressentir sérieusement le manque de mouvement. J’ai bien essayé de reprendre une activité professionnelle, mais ce n’est ni l’endroit, ni le moment. L’économie locale se porte toujours assez mal et le gouvernement indépendantiste encourage la “préférence territoriale”. De toute façon, le marché de l’emploi se réduit ici à une peau de chagrin. Les postes non qualifiés sont implicitement réservés aux polynésiens, les postes qualifiés sont peu nombreux et les quelques places ponctuellement vacantes âprement disputées, ou alors les recrutements sont effectués en France. De plus, mon profil atypique et ma spécialité peu représentée ici ne jouent pas en ma faveur. Il reste la fonction publique, que j’aurais tendance à fuir comme la peste ! J’avais également pensé prendre une patente pour travailler à nouveau à mon compte, mais maintenant que je connais mieux le marché local, je crois que ce serait une dépense d’argent et d’énergie inutile. Je reste cependant encore optimiste pour trouver une alternative. Je sais d’expérience qu’il suffit d’une simple idée ou opportunité pour que tout change du jour au lendemain. Cela dit, il va bien falloir que je me fixe une limite avant que celle-ci ne s’impose d’elle-même.

Mon billet d’avion “tour du monde” expire dans quelques jours et j’ai réservé une place dans le vol Papeete-Los Angeles-Londres-Paris quittant Tahiti demain soir. Je pense peut-être passer une semaine ou deux en France. Je ne me suis pas encore vraiment décidé à prendre ce long vol, ni trouvé de bon prétexte justifiant le déplacement, mais je me dis qu’il me changerait les idées. Un peu de recul pourrait me permettre de mieux réfléchir aux objectifs de ma prochaine étape.

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